Ethiopie : "plus de cent personnes" tuées dans l'ouest du pays par des groupes armés

Le drapeau éthiopien lors d'une veillée aux chandelles sur la place Meskal, à Addis-Abeba, le 31 août 2012.

INTERNATIONAL - La Commission éthiopienne des droits de l'Homme (EHRC) a annoncé ce mercredi que des hommes armés avaient tué plus de 100 personnes lors d'une sanglante attaque.

"Plus de 100 personnes ont été tuées par des tirs perpétrés par des hommes armés", dans la région de Benishangul-Gumuz. Dans un communiqué alarmiste, la Commission éthiopienne des droits de l'Homme a averti qu'une centaine de personnes avaient été victimes de la folie meurtrière de plusieurs hommes armés dans l'ouest du pays. L'organisme indépendant a, par ailleurs, indiqué avoir reçu de la part de rescapés "des preuves photographiques inquiétantes". Le massacre aurait eu lieu  avant l'aube sur des "habitants en train de dormir" dans la zone de Metekel et se serait poursuivi jusqu'à mercredi après-midi. Outre les 100 personnes décédées, au moins 36 autres individus ont été traités pour des blessures, notamment par balles, dans un hôpital de Bulen, situé à environ 90 km du lieu de l'attaque. "Outre les dommages infligés à la vie des gens et à leur corps, les cultures ont été incendiées. Une victime nous a dit avoir vu 18 incendies", rapporte l'EHRC. 

D'autres attaques

Cette attaque est la dernière d'une série sanglante ces derniers mois. Selon les autorités, il pourrait s'agir de  d'"assassinats ciblés" à visées ethniques. Des hommes politiques d'opposition, surtout issus de la communauté amahra, tirent ainsi depuis des semaines le signal d'alarme. Pourtant, selon plusieurs sources locales, aucune force de police ou de sécurité n'était présente sur le lieu du drame. 

En octobre, 12 civils avaient été tués dans la même région. Et la Commission éthiopienne des droits de l'Homme avait déjà rapporté la mort, le 25 septembre, de 15 civils, dans cette même zone de Metekel, qualifiant déjà les violences d'"assassinats ciblés". 

Toutes ces violences interviennent dans un contexte d'ouverture prônée par le Premier ministre Abiy Ahmed. Ce changement politique semble avoir libéré des ambitions territoriales locales et d'anciens différends intercommunautaires, qui ont débouché sur des violences meurtrières dans de nombreuses régions du pays. Le prix Nobel de la paix en 2019, a paradoxalement lancé début novembre une offensive militaire dans la région dissidente du Tigré. Aucun bilan précis du conflit au Tigré n'est disponible, mais les combats ont poussé plus de 50.000 personnes à trouver refuge au Soudan voisin et en ont déplacé plus de 63.000 à l'intérieur de la région, selon l'ONU.

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