Le francophone Antony Blinken, un multilatéraliste à la tête de la diplomatie américaine

Le francophone Antony Blinken, un multilatéraliste à la tête de la diplomatie américaine

PORTRAIT - Antony Blinken, qui fut adjoint au secrétariat d'État de 2015 à 2017, a été confirmé ce mardi par le Congrès au poste clé de secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Une consécration pour ce proche de Joe Biden.

Un francophone à la tête de la diplomatie américaine. Nommé par Joe Biden pour occuper le poste incontournable de secrétaire d'État, et officiellement confirmé ce mardi 26 janvier, Antony Blinken a longtemps vécu à Paris, où il a effectué ses études secondaires. Malgré ses connexions avec l'appareil diplomatique tricolore, ce fervent partisan du multilatéralisme reste avant tout un serviteur des États-Unis.

Antony Blinken est en effet un pur produit de l'establishment diplomatique américain. "On est très loin de son prédécesseur Mike Pompeo", nous explique Guillaume Debré, journaliste à TF1 et ancien correspondant à Washington. "Son ADN diplomatique est à mille lieues de celui de Donald Trump. En effet, il est multilatéraliste, il croit dans au leadership américain, dans la capacité de son pays à jouer un rôle de stabilisateur."

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Un "rapport personnel" avec Joe Biden

Ce leadership américain, Antony Blinken, 58 ans, le connaît bien. Celui qui a étudié à l'université de Harvard avant de faire carrière dans le droit puis en politique, a travaillé pour la commission des Affaires étrangères du Sénat lorsque Joe Biden en était membre. De 2013 à 2015, il collabore avec Susan Rice, ex-ambassadrice des États-Unis à l'Onu, au Conseil de sécurité nationale. Il rejoint l'administration Obama en tant qu'adjoint au secrétariat d'État, de 2015 à 2017. "Ce sera un secrétaire d'État influent", souligne Guillaume Debré, rappelant son "rapport personnel" avec le nouveau président des États-Unis. 

Conseiller de longue date du président, le nouveau "Monsieur diplomatie" du pouvoir américain aura fort à faire pour recoller auprès des alliés traditionnels des États-Unis les morceaux éparpillés sous Donald Trump. Parmi eux : la France. Un pays qu'Antony Blinken connait bien. Après ses premières années à New York, il a en effet été scolarisé dans la capitale à la prestigieuse école Jeannine Manuel, sa mère Judith ayant décidé de s'installer en France pour rejoindre son nouvel époux, Samuel Pisar.  Avocat de renom, ce natif de Pologne, survivant de la Shoah, s'était installé avec sa famille à Paris.

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Au cours de ses années parisiennes, le jeune étudiant s'est d'ailleurs pris de passion pour la musique, s'essayant au jazz puis au rock. Il a ainsi cité les Pink Floyd dans l'album photo d'une de ses promotions au lycée. À Washington, le guitariste a joué dans un groupe reprenant les classiques des Beatles. Avant de mettre les deux pieds dans les affaires étrangères de son pays. Pour autant, son passé en France n'était jamais bien loin, le diplomate étant régulièrement sollicité par les autorités tricolores. "Il connait tout l'establishment diplomatique français, de Jean-Pierre Raffarin à Alain Juppé en passant par Hubert Védrine, rappelle Guillaume Debré. Il les connait tous très bien, lui qui a été pendant longtemps le point d'entrée des Français à Washington".

Outre la relation avec la France, quel genre de diplomate sera Antony Blinken ? Il en a donné un aperçu lors de son audition au Sénat, le mardi 19 janvier. Il a ainsi présenté son aspiration à "revigorer" les alliances "dénigrées" par Donald Trump, tout en identifiant ses adversaires sur la scène internationale. La Russie, la Corée du Nord, et la Chine. Il a même reconnu devant les sénateurs que Donald Trump avait "eu raison d'avoir une position plus ferme face à la Chine", particulièrement sur les accusations pesant sur l'Empire du milieu au sujet de la persécution des Ouïgours.

S'agissant des conflits les plus imminents, Blinken est d'une école plus conformiste. En rupture avec Trump, il prônera la solution à deux États s'agissant du conflit israélo-palestinien, le retour dans l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien à la condition que "l'Iran revienne dans les clous" ou la "fin du soutien américain à la campagne militaire menée par l'Arabie saoudite" contre les rebelles yéménites.

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