Roumanie : l'interdiction du mariage gay bientôt dans la Constitution ?

Roumanie : l'interdiction du mariage gay bientôt dans la Constitution ?

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DISCRIMINATION - Les Roumains seront appelés à se prononcer sur une initiative visant à inscrire dans la Constitution l'interdiction des mariages homosexuels. Une consultation qui risque, selon ses détracteurs, d'encourager l'homophobie.

Ancrer l'interdiction du mariage gay dans la Constitution. C'est la question à laquelle doivent répondre 19 millions d'électeurs roumains ce week-end, à l'appel du gouvernement. Un nouveau durcissement de la loi dans ce pays majoritairement orthodoxe et conservateur, où le "oui" a de fortes chances de l'emporter.


Donné largement vainqueur, le "oui" au référendum permettra de modifier la Constitution pour définir le mariage comme "l'union entre un homme et une femme" et non plus entre "époux". Le "oui" est d'ailleurs déjà présent dans les textes. En effet, la législation roumaine n'autorise pas le mariage entre personnes de même sexe. Mais une interdiction explicite rendra plus difficile, voire impossible, tout changement futur en faveur des couples homosexuels, dénoncent les opposants à la consultation. Tout aussi inquiétant, ils craignent la montée d'un climat réactionnaire dans le pays, avec l'assentiment du gouvernement de gauche dont les accents démagogiques inquiètent les défenseurs des droits.

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Des refus d'IVG pour raisons religieuses

Seul espoir des opposants: que l'abstention fasse échouer la consultation puisqu'il faut 30% des inscrits pour que le scrutin soit valide. Les sociaux-démocrates (PSD) au pouvoir et leurs alliés libéraux ont assuré garder leur neutralité vis à vis du référendum. Mais sur le terrain, leurs élus participent à des messes et des réunions où des prélats orthodoxes font campagne pour le "oui", illustrant les liens entre pouvoir religieux et politique.


A l'origine de la consultation, on trouve des militants réunis au sein d'une "Coalition de la famille" qui affirme avoir recueilli trois millions de signatures à l'appui de la tenue du scrutin. Les défenseurs des droits les soupçonnent de préparer, avec le soutien de l'Eglise, d'autres initiatives, dont une restriction de l'accès à l'éducation sexuelle ou à l'avortement. Dans ce climat, les gynécologues d'une dizaine d'hôpitaux refusent actuellement de pratiquer des IVG, invoquant notamment des raisons religieuses. La question est sensible dans un pays où quelque 10.000 femmes sont mortes à cause d'avortements clandestins, suite à l'interdiction en 1966 par le dictateur communiste Nicolae Ceausescu, de toute forme de contraception.


Plusieurs députés européens, eux, ont vivement critiqué le référendum contre le mariage gay, le jugeant contraire aux engagements de la Roumanie en matière de droits de l'Homme. Bucarest est aussi sous le feu des critiques européennes pour une série de réformes jugées attentatoires à l'indépendance de la justice. "Ne suivez pas le mauvais exemple de la Hongrie et de la Pologne", dont les gouvernements sont accusés d'enfreindre l'Etat de droit, a lancé ce mercredi à la Première ministre Viorica Dancila l'eurodéputé belge libéral Guy Verhofstadt.

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