Européennes : l'allié de Marine Le Pen se prend une claque aux Pays-Bas

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ELECTIONS EUROPEENNES – Principal allié de Marine Le Pen, le populiste néerlandais Geert Wilders a essuyé jeudi un cuisant échec. Alors que les Pays-Bas donnaient le coup d'envoi d'un scrutin marquée par la montée des europhobes, les Hollandais ont boudé son parti, pourtant donné vainqueur dans tous le sondages.

Les Hollandais ont fait mentir les sondages. Premier pays a avoir voté pour les élections européennes, les Pays-Bas ont créé la surprise jeudi. Les populistes du Parti pour la liberté (PVV), donnés vainqueurs tout au long de la campagne dans les sondages d'opinion, ont en effet subi un échec cuisant. Le parti de Geert Wilders, figure emblématique de l'euroscepticisme dans le pays, arriverait à la quatrième positon.

L'homme à la célèbre tignasse blonde se voyait déjà frôler les 20% et dépasser son record de 2009, lorsqu'il avait obtenu 17% des voix. Mais selon les premières estimations, son parti ne récolterait que 12%, ne lui donnant droit qu'à trois sièges au Parlement européen au lieu des cinq dont il disposait jusqu'à présent. Le revers est d'autant plus important que les trois partis devant lui sont tous pro-européens. Les centristes (15,6%) et les chrétiens-démocrates (15,2%), crédités de quatre sièges chacun, termineraient en tête du scrutin. La vague europhobe n'a donc pas eu lieu.

"Dynamiter le Parlement de l'intérieur"

Jeudi soir, c'est un Geert Wilders à la mine sombre et visiblement déçu qui s'est exprimé devant le drapeau néerlandais, près de La Haye. "Les sondages sortie des urnes sont décevants", a-t-il reconnu devant ses partisans. Le leader du PVV a notamment regretté le faible taux de participation (37%), qui l'a sans nul doute pénalisé. "Il y en a deux ou trois qui sont restés à la maison", a-t-il ironisé.

S'il avait mené sa campagne sur les thèmes classiques des eurosceptiques (sortie de l'euro et condamnation des institutions), Geert Wilders s'est surtout fait remarquer pour ses propos farouchement anti-islam et anti-immigration. En 2008, l'homme s’est rendu célèbre avec son court-métrage Fitna ("discorde" en arabe), qui dénonçait la religion musulmane. Depuis, l'homme a multiplié les propos xénophobes. Récemment, il promettait ainsi de "s’occuper" de la présence "excessive" de Marocains dans son pays.

Surfant sur la vague de populisme grandissante en Europe, Geert Wilders avait conclu une alliance avec le Front National. L'objectif : rallier d'autres mouvements eurosceptiques après les élections pour former un groupe parlementaire de poids et "dynamiter le Parlement de l'intérieur". Malgré son score décevant, l'homme ne renonce pas à son objectif et doit désormais compter sur la réussite de ses alliés. Ces derniers fondent de grands espoirs sur ce scrutin, à l'instar du Front national qui lorgne sur la place du premier parti français et mise sur 20 sièges à Strasbourg, en lieu et place de ses trois actuels. Selon les derniers sondages , le parti de Marine Le Pen se trouverait au coude à coude avec l'UMP. La surprise venue de Hollande prouve que rien n'est joué d'avance.

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