Européennes : une rencontre entre Marine Le Pen et Matteo Salvini dans un contexte tendu pour le ministre populiste italien

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ITALIE - Si arrive toujours en tête des intentions de vote, la Ligue, qui reçoit samedi à Milan de nombreux responsables populistes européens, dont Marine Le Pen, connaît une fin de campagne chahutée. En cause : sa gestion du pouvoir et les polémiques impliquant son ministre de l'Intérieur Matteo Salvini.

"Ceux qui se taisent sont complices. Ecrivons l'histoire ensemble !" Depuis plusieurs jours, Matteo Salvini diffuse une affiche pour promouvoir le grand raout nationaliste qu'il organise ce samedi à Milan.  Au programme : douze partis – dont le Rassemblement national, représenté par Marine Le Pen -, qui vont défendre leur vision de l'Union européenne à quelques jours des élections. Des élections pour lesquelles la Ligue du Premier ministre italien est en tête des intentions de vote, malgré des critiques et des polémiques qui se multiplient.


Un an après son arrivée tonitruante au pouvoir, Matteo Salvini a de moins en moins le vent en poupe dans son pays. Les derniers jours de sa campagne électorale – jusqu'à huit réunions quotidiennes -  en témoigne : chaque étape de sa tournée s'accompagne d'une floraison de banderoles caustiques. Mercredi, à Campobasso (centre), les médias ont compté plus de 200 affiches sur les balcons avant un meeting. Jeudi, ce sont les balcons de Naples qui se sont exprimés : "Salvini va-t-en", "Naples ne veut pas de toi", proclamaient nombre de banderoles. "Non au ministre de la haine", "Ports ouverts", réclamaient des opposants.

"Mais quand est-ce que tu bosses ?"

"Les culs-terreux n'oublient pas", lançaient aussi certaines banderoles, en référence aux termes péjoratifs que Matteo Salvini, ancien sécessionniste du Nord devenu nationaliste, a longtemps utilisés contre les Italiens du Sud. "Mais quand est-ce que tu bosses ?" revenait aussi régulièrement, alors que le quotidien La Repubblica a indiqué cette semaine qu'il avait passé 17 jours au ministère depuis le début de l'année. D'autres encore le tancent sur les 49 millions d'euros de fonds publics perçus par la Ligue, qui a obtenu un échelonnement du remboursement sur plusieurs décennies. Certaines ironisent aussi sur la figurine de Zorro que Matteo Salvini révèle s'être fait voler à la maternelle dans un livre d'entretiens paru cette semaine.  


Outre les fonds publics indûment perçus par la Ligue et son absentéisme au ministère, Matteo Salvini a essuyé une violente polémique il y a deux semaines, après avoir prononcé un discours depuis le balcon de l’hôtel de ville de Forli, dans le nord de l’Italie. Le choix de ce lieu a beaucoup choqué : c’est là Benito Mussolini avait assisté à l’exécution de jeunes partisans de la démocratie. A l’époque, le dirigeant fasciste y avait également tenu plusieurs réunions publiques. Autre épine dans le pied du dirigeant : il a aussi été contraint la semaine dernière de révoquer de son gouvernement Armando Siri. Ce secrétaire d'Etat est en effet soupçonné de corruption, empochant 30.000 euros de la part d'un entrepreneur. Quelques jours plus tard, en Sicile, ce sont tous les candidats de la Ligue qui ont échoué dans une séries d'élections municipales partielles en Sicile.


Ce climat ambiant en Italie à quelques jours des élections européennes va-t-il jouer des tours à Matteo Salvini ? La Ligue aborde de moins en moins sereinement le scrutin : les sondages lui attribuaient jusqu’à 36 % d’intentions de vote au début du printemps. Ils misent désormais sur un score de 30 à 32 %. 

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