Ex-espion empoisonné : des experts internationaux vont enquêter

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CRISE DIPLOMATIQUE - A peine réélu, Vladimir Poutine a martelé que la Russie n’avait rien à voir dans l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal et se dit prêt à collaborer. Londres maintient ses accusations et attend ce lundi des experts internationaux pour enquêter sur les faits.

Ce fut un triomphe, dimanche soir, pour Vladimir Poutine, réélu confortablement à la tête de la Russie avec plus de 76 % des voix. Dès sa première conférence de presse, le maître du Kremlin a réitéré ses propos à l’attention de la communauté internationale : la Russie n’a rien à voir dans l’empoisonnement de l’ex-espion Sergueï Skripal, toujours en soins intensifs depuis début mars. "La première chose qui me vient à l'esprit, c'est que, s'il s'agissait d'un poison militaire, les gens seraient morts sur le coup. C'est évident", a déclaré Poutine. "Que quelqu'un puisse penser qu'en Russie quelqu'un se permettrait de faire de telles choses juste avant l'élection et la Coupe du monde de football, c'est absurde, du grand n'importe quoi".

Mais le Royaume-Uni ne l’entend pas de cette oreille. Des experts internationaux de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques sont attendus lundi dans la capitale britannique pour enquêter. Après s’être fait remettre les échantillons, ils vont mener des tests sur la substance utilisée pour empoisonner Sergueï Skripal et sa fille. Les prélèvements "seront testés dans les laboratoires internationaux les plus réputés", a indiqué dimanche le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson. Les résultats de ces tests devraient être connus au mieux "après deux semaines".

Œil pour œil, dent pour dent

Londres indique avoir des preuves "que la Russie a non seulement cherché à développer des agents innervants à des fins d'assassinat ces dix dernières années, mais a aussi fait des réserves d'agents Novitchok", la substance utilisé selon les autorités britanniques. Moscou continue de clamer qu’il ne dispose pas de poison militaire. "Nous avons détruit toutes nos armes chimiques sous la supervision d'observateurs internationaux. Nous avons été les premiers à le faire," a rappelé Poutine qui se dit prêt à collaborer.


Cela n’a pas empêché le Royaume-Uni d’expulser 23 diplomates russes la semaine dernière et d’ordonner le gel des contacts bilatéraux. La Russie en a fait de même en fermant le British Council, organisme promouvant les relations culturelles et l'éducation, et en renvoyant 23 diplomates britanniques.

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