EXCLUSIF - Youssef Chahed, premier ministre tunisien : "Il y a de la grogne sociale en Tunisie chez les jeunes. Je les comprends"

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INTERVIEW - Terrorisme, chômage, manifestations, relation avec la France... une équipe de TF1 et LCI a interrogé en exclusivité le Premier ministre tunisien à l'occasion de la venue d'Emmanuel Macron ce mercredi dans le pays. "Nous pouvons faire davantage avec la France", estime le Premier ministre, qui espère désormais qu'après la transition démocratique, son pays va entamer désormais celle du social et de l'économie.

Le premier ministre Youssef Chahed a accordé une interview à TF1 et LCI à l'occasion de la venue d'Emmanuel Macron ce mercredi dans le pays. Il s'agit de la première visite d'Etat du président français dans le monde arabe. "C'est un message symbolique fort", souligne-t-on d'ailleurs à l'Elysée. "L'objectif est de montrer le soutien de la France à l'expérience démocratique tunisienne, qui est la seule expérience de transition réussie après les Printemps arabes". 

Si nous avons réussi sur la transition démocratique, nous avons moins réussi sur la transition sociale et économieYoussef Chahed

"La France est un partenaire stratégique qui a beaucoup soutenu la Tunisie", répond Youssef Chahed qui attend encore plus de Paris. "C’est un partenaire économique important [..]Je reste persuadé que nous pouvons faire davantage." Car, pour la Tunisie, après la transition démocratique, c'est désormais le développement économique qui, avec la lutte contre le terrorisme, fait figure de défi des années futures. Le pays est d'ailleurs en proie à un vive protestation sociale d'une partie de sa population. Y compris les diplômés.  "40% des chômeurs en Tunisie sont des cadres." , précise d'ailleurs Youssef Chahed. "Nous avons pris du retard. Si nous avons réussi sur la transition démocratique, nous avons moins réussi sur la transition sociale et économie", estime Youssef Chahed. "Quand il y a 1000 voitures brûlées en France, c’est de la grogne sociale, ce n’est pas une tradition. Il y a de la grogne sociale en Tunisie chez les jeunes. Je les comprends. C’est à nous de faire que l’économie créé plus d’emplois." 

Et de conclure : " Le niveau d’éducation est élevé, les femmes sont libres en Tunisie. Tout y est. Maintenant, c’est le moment d’avancer. "

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