Explosion de violence à Jérusalem et Gaza : les sept dates clefs de cette nouvelle crise

Explosion de violence à Jérusalem et Gaza :  les sept dates clefs de cette nouvelle crise

TENSIONS - Des heurts violents, les pires enregistrés depuis des années, opposent manifestants  palestiniens et policiers israéliens faisant des centaines de blessés à  Jérusalem-Est. Les tensions se sont étendues à Gaza. Voici comment cette nouvelle crise a commencé.

La vieille ville de Jérusalem renoue avec des tensions jamais vues depuis plus de quatre ans. En quelques jours, les affrontements à répétition entre Palestiniens et forces de sécurité israélienne ont fait plusieurs centaines de blessés et dépassent désormais la seule ville sainte. Lundi, des salves de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël. L'armée israélienne a répliqué par des frappes aériennes faisant au moins 20 morts selon le Hamas. Comment expliquer ce regain de violence ?  Voici un rappel des faits. 

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LUNDI 12 AVRIL -   La police israélienne bloque les marches de Damas

Alors que s'ouvre le Ramadan, la police israélienne bloque les marches entourant la porte de Damas. Cette entrée principale de la Vieille Ville de Jérusalem est un centre névralgique de la vie publique palestinienne, un endroit symbolique et un lieu de vie sociale important, surtout pendant cette période où les Palestiniens s'y réunissent le soir. 

JEUDI 22 AVRIL -  Manifestation du mouvement d’extrême droite Lahava, à l’entrée de la vieille ville

Le mouvement juif d’extrême droite Lahava, ouvertement hostile aux Palestiniens, défile aux portes de la vielle ville de Jérusalem et scande "mort aux arabes". Une manifestation considérée comme une provocation par les Palestiniens, qui organisent une contre-manifestation. Celle-ci se téléscope avec la sortie des fidèles de l’esplanade des Mosquées après la prière nocturne du ramadan et des heurts éclatent entre les membres de Lahava, les Palestiniens et les autorités palestiniennes, mobilisées à l'origine pour encadrer la marche. Les affrontements se prolongent pendant la nuit. 

Le lendemain, le Croissant-Rouge palestinien a fait état d'au moins 105 blessés, dont une vingtaine ont été transférés à l'hôpital, tandis que la police a ajouté avoir recensé 20 blessés dans ses rangs et arrêté 44 personnes. 

DIMANCHE 25 AVRIL - La police rouvre l'accès aux abords de Jérusalem-Est

Plusieurs centaines de jeunes Palestiniens sont rassemblés près de la porte de Damas, lorsque la police annonce à l'aide d'un mégaphone que la zone était désormais ouverte à tout le monde. Les forces de l'ordre laissent des manifestants retirer les barrières métalliques qui barraient l'accès depuis plusieurs jours. Une volonté d'apaisement après plusieurs jours de violence. 

LUNDI 3 MAI - Heurts dans le quartier Cheikh Jarrah. Le 3 mai au soir, des heurts éclatent dans le quartier de Cheikh Jarrah, proche de la Vieille ville à Jérusalem-Est, en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'éviction au profit de colons juifs. Dix personnes sont blessées, selon le Croissant-Rouge palestinien, et deux  Palestiniens sont arrêtés par les forces de sécurité israéliennes.Le tribunal de district de Jérusalem avait rendu en début d'année une  décision favorable aux familles juives qui revendiquent des droits de propriété  dans ce quartier. Depuis, des manifestations ont souvent mené à des  affrontements avec les forces de l'ordre.

JEUDI 6 MAI - Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid demandent à Israël de "mettre  un terme à sa politique d'extension des colonies de peuplement dans les  territoires palestiniens occupés", qualifiées d'"illégales", et de cesser les  expulsions à Jérusalem-Est. Dans la soirée, le ténor de l'extrême-droite israélienne Itamar Ben Gvir se  rend dans le quartier de Cheikh Jarrah pour soutenir les colons juifs. Des  Palestiniens lancent des projectiles sur une tente censée être le nouveau  bureau parlementaire de M. Ben Gvir.

VENDREDI 7 MAI -  Plus de 180 blessés lors de nouveaux affrontements

Pour la dernière grande prière du vendredi du mois du ramadan, des dizaines de milliers de fidèles musulmans se rassemblent sur l’esplanade dans la journée. Beaucoup demeurent sur place, afin de protester contre la menace d’éviction, par la justice israélienne, de plusieurs familles du quartier voisin de Sheikh Jarrah, au profit de colons juifs. Rapidement, cette manifestation tourne à l'affrontement entre Palestiniens et autorités israéliennes, faisant près de 200 blessés. 

Alors que la prière n'était pas encore terminée, quelques Palestiniens lancent des projectiles depuis le toit de la Mosquée al-Aqsa sur les forces de police israéliennes en contrebas. Gaz lacrymogène, tir de balles en caoutchouc, très vite la situation devient incontrôlable. Les autorités israéliennes finissent par investir la Mosquée et évacuer les fidèles. Des images qui avivent un peu plus la colère côté palestinien.

Selon la police israélienne, des "centaines d'émeutiers ont lancé des pierres, des bouteilles et d'autres objets en direction des officiers qui ont riposté", a indiqué la police israélienne. De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas, a affirmé tenir "Israël pour responsable des dangereux développements dans la Vieille Ville", qualifiant les Palestiniens rassemblés sur l'esplanade de "peuple héroïque".

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Près de 200 blessés dans les heurts sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem

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LUNDI 10 MAI - Tirs de roquettes depuis Gaza, le Mur des Lamentations évacué 

Après un week-end tendu, de nouveaux heurts éclatent. Jets de pierres, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc, des centaines, voire des milliers, de Palestiniens lancent des projectiles en direction des forces de l'ordre israéliennes positionnées à l'intérieur de l'esplanade des Mosquées, faisant plus de trois cents blessés, essentiellement côté Palestinien. 

La reprise des violences coïncide avec "la Journée de Jérusalem", célébrée ce 10 mai selon le calendrier hébraïque pour marquer la conquête de Jérusalem-Est par Israël en 1967. Des milliers d'Israéliens devaient participer ce soir à une "marche de Jérusalem", qui sera finalement annulée compte tenu du contexte. Pour essayer de maîtriser la situation, l'accès à l'Esplanade des Mosquées a aussi été limité en journée aux fidèles âgés de 40 ans et plus. 

Fait plutôt rare, des sirènes ont aussi été déclenchées à Jerusalem après des tirs de roquettes depuis Gaza située 80 km plus au sud.  Ce qui a notamment forcé  l'évacuation temporaire du Mur des Lamentations.  Ces tirs de roquette ont immédiatement provoqué la réplique de l'aviation israélienne sur Gaza. Ces frappes ont fait au moins 20 morts selon le Hamas. 

L'audience de la Cour suprême israélienne qui devait décider du sort des familles palestiniennes menacées d'expulsion au profit de colons juifs dans le quartier de Sheikh Jarrah, prévue aujourd'hui a été reportée compte tenu des tensions actuelles. 

Face à cette escalade de violence, Le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa "profonde préoccupation" et exhorté Israël à un "maximum de retenue".  

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