Explosions à Beyrouth : ce que l’on sait de la tragédie qui a frappé la capitale du Liban

Beyrouth, la capitale libanaise ressemble aujourd'hui à une ville pilonnée par des bombardements. Chaque sauvetage est une goutte d'espoir dans ce chaos. Au milieu des immeubles éventrés, les rues ne sont plus qu'un entrelac de gravats.
International

LIBAN - La capitale libanaise a été touchée par deux violentes explosions mardi 4 août en fin d’après-midi. Le quartier du port, centre névralgique du pays, a été détruit par le souffle. Le bilan humain, en constante évolution, est déjà très lourd.

Les smartphones étaient déjà braqués sur l’énorme nuage de fumée quand a retenti l’explosion la plus virulente. Les images de la déflagration en forme de champignon qui a frappé Beyrouth, mardi 4 août en fin d’après-midi, ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, créant un mélange de stupeur et de consternation dans le monde entier.  

Le Liban a décrété un jour de deuil national mercredi en hommage aux victimes, dont le nombre ne cessait d’augmenter quelques heures après le drame. 

Le quartier du port soufflé

Il n’était pas encore 18h, mardi 4 août, quand deux explosions ont retenti dans la zone portuaire de Beyrouth, au nord-est de cette ville de plus de 360.000 habitants. Les secousses ont été ressenties jusqu’à Chypre, à 200 km au large. Les déflagrations ont fait trembler les immeubles et brisé des vitres à des kilomètres à la ronde. 

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Certains témoins ont d’abord cru à un séisme. Bâtiments éventrés, voitures détruites… Les correspondants de l’AFP dans la capitale libanaise décrivent des scènes de dévastation. "C’était comme une bombe atomique. J’ai tout vu, mais rien de tel", insiste un professeur à la retraite qui vit depuis plus de 60 ans en face du port. "Tous les immeubles environnants se sont écroulés", poursuit-il. Le Palais présidentiel de Baabda, situé à une quinzaine de kilomètres du centre de la ville, a lui aussi subi d’importants dégâts matériels.

Un (très) lourd bilan humain

La zone du port a été bouclée pour permettre aux secours d’intervenir. "C’est une catastrophe à l’intérieur. Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps", a déclaré un soldat à l’AFP. Les médias locaux diffusaient des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang comme de nombreuses autres qui marchaient dans les rues, hagardes et pleines de poussières. Les hôpitaux de la ville étaient dépassés par l’afflux de blessés. 

Ce mercredi, alors que le bilan humain ne cesse d'évoluer, le ministre libanais de la Santé, Hamad Hassan, a fait savoir qu'au moins 113 morts et 4000 blessés avaient été recensés, sans compter les dizaines de disparus.

Des matières explosives à l’origine du drame

Une enquête va être ouverte pour déterminer les causes des explosions. Selon un haut responsable de la sécurité, elles pourraient être dues à des "matières explosives" confisquées et stockées dans un entrepôt "depuis des années".  En fin de soirée, les autorités libanaises affirmaient à leur tour que ce sont bien 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium qui étaient à l'origine de cette tragédie, tandis que le président américain laissaient entendre qu'elle pourrait être d'origine criminelle, bien que ses propres services de renseignement ignorent où il a obtenu cette information.

Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, a martelé lors d’une allocution télévisée que "les responsables de cette catastrophe devront payer le prix". Israël a assuré à l’AFP, par le biais d’un responsable du gouvernement sous couvert d’anonymat, n’avoir "rien à voir avec l’incident".

Un appel à l’aide internationale

Dans son allocution télévisée, le Premier ministre libanais a aussi appelé "les pays amis" à aider le Liban. La France a d’ores et déjà annoncé l'acheminement des "secours et moyens français". Ils partiront ce mercredi en milieu de journée. Les Etats-Unis se sont dit prêts à proposer "toute aide possible" à un pays qui traversait déjà sa pire crise économique depuis des décennies avant que son centre névralgique ne soit détruit par ces explosions. Le Président Michel Aoun, de son côté, a indiqué tôt dans la nuit, ce mercredi, que l'état d'urgence serait rapidement déclaré, pour une durée de deux semaines.

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