"Les morgues sont pleines, les urgences aussi" : les hôpitaux de Beyrouth en situation critique

"Les morgues sont pleines, les urgences aussi" : les hôpitaux de Beyrouth en situation critique
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SATURATION - Les différents hôpitaux de la capitale, déjà confrontés à la pandémie de Covid-19, ont rapidement indiqué être dépassés par l’afflux de personnes blessées, les autorités demandant par conséquent à ceux en attente de soins de se diriger vers les structures hors de la ville.

Des secouristes, épaulés par des agents de sécurité, ont cherché toute la nuit des survivants ou des morts coincés sous les décombres. Alors que les opérations continuent au lendemain des puissantes explosions successives qui ont secoué mardi Beyrouth, provoquant des scènes de dévastation et de panique, un dernier bilan de la Croix-Rouge libanaise, fait état de plus de 100 personnes tuées et plus de 4000 autres blessées.  

Pour permettre aux secours d’intervenir, le secteur du port a été bouclé dès mardi par les forces de sécurité, qui ne laissaient passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et pompiers. "C’est une catastrophe à l’intérieur. Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps", déclarait quelques heures après la double explosion un soldat à l’AFP.  

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"Tous les hôpitaux de la capitale sont pleins"

Dans la foulée des explosions, alors que de nombreux habitants, dont certains blessés, marchaient vers des hôpitaux dans plusieurs quartiers de Beyrouth, les différents établissements de soins de la capitale, déjà confrontés à la pandémie de Covid-19, ont rapidement indiqué être dépassés par l’afflux de personnes blessées. Devant le centre médical Clemenceau, des dizaines de victimes, parmi lesquels des enfants, parfois couverts de sang, attendaient d'être admis mardi.

"Il y a des hôpitaux qui ne sont plus en mesure effectuer des soins, tous les hôpitaux de la capitale sont pleins ", a confirmé ce mercredi matin sur LCI, Vincent Gelot Responsable des projets pour l'Oeuvre d'Orient, précisant s'être entretenu "au téléphone avec des directeur d’hôpitaux soutenus à travers la capitale" et ajoutant que"les morgues étaient pleines, les urgences également".

"En passant devant l'Hotel Dieu de France, alors là c'est vraiment une scène de désolation, une scène dramatique", décrit pour sa part Mohamed Taan, médecin à Beyrouth, sur LCI, avant d'ajouter avoir "vu des blessés, ceux qui avançaient d'eux-mêmes et d'autres transportés", les véhicules, et les ambulances notamment, ne pouvant accéder à l'entrée de l'établissement compte tenu de l'afflux.

"Une crise dans la crise"

Rappelant qu'"au Liban il y a deux types d’hôpitaux, le privé et le public" et que "c'est pas la même qualité de soins",  Vincent Gelot a de son côté insisté également sur ces scènes où "un ballet d'ambulance faisait des allers-retours, avec énormément de blessés et de morts aussi."

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"Il faut savoir que cela arrive dans une crise qui est aussi celle du Covid donc les hôpitaux étaient déjà saturés pour certains", précise-t-il encore, évoquant "une crise dans la crise" dans laquelle "l'urgence, c'est la santé, c'est d’essayer de sauver des vies". Face à cette saturation des structures de soins, les autorités ont depuis demandé aux personnes blessées de se diriger vers les hôpitaux en dehors de la capitale. 

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