La France et le Liban, des relations si particulières

La France et le Liban, des relations si particulières
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DIPLOMATIE - Emmanuel Macron s'est rendu une seconde fois au Liban un mois après les explosions qui ont ravagé Beyrouth. Le chef de l'Etat français est venu une nouvelle fois réaffirmer des liens unissant les deux pays.

Un mois après, Emmanuel Macron est revenu au Liban pour notamment discuter avec les représentants de la classe politique et les pousser à former rapidement un nouveau gouvernement ainsi qu'à mettre en oeuvre de "véritables réformes", pour une meilleure gouvernance et contre la corruption endémique, notamment dans les secteurs énergétique et financier.

Les liens étroits entre la France et le Liban remontent en effet au XVIe siècle quand, après un accord entre le roi François 1er et l'empire ottoman, les rois de France deviennent les protecteurs officiels des chrétiens d'Orient. Après l'effondrement de la Sublime Porte, symbole du pouvoir du sultan à Constantinople, la France devient en 1920 la puissance mandataire du Liban. A ce titre, elle fixe les frontières avec la Syrie. Puis, en 1943, la France Libre (le régime de résistance extérieure à l'Allemagne nazie) accorde son indépendance au pays du Cèdre. 

Depuis, la France a toujours tenté de faire de ce pays multi-confessionnel - le président doit, aux termes de la Constitution, être chrétien et le Premier ministre musulman sunnite - un point d'appui de son influence au Proche-Orient.

Jacques Chirac hébergé durant huit ans par la famille Hariri

Une influence qui va s'accentuer, quelques années plus tard. Les relations entre les deux pays connaissent en effet un nouveau tournant au début des années 1980 quand Jacques Chirac - alors maire de Paris - rencontre un homme d'affaires libanais. En l'occurrence Rafic Hariri, qui a fait fortune dans le BTP en Arabie Saoudite. Une amitié profonde naît entre les deux hommes : le groupe de Rafic Hariri multiplie alors les investissements et les acquisitions en France. Le siège d'Oger International, filiale de Saudi Oger, la maison mère du groupe familial, est par exemple installé en banlieue parisienne. 

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Leurs liens se renforcent quand Rafic Hariri devient Premier ministre du Liban, pour la première fois en 1992, et Jacques Chirac président de la République, en 1995. Dix ans plus tard, le locataire de l'Elysée est d'ailleurs le seul chef d’État occidental à se rendre aux obsèques de son ami, tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005, qu'il compare à Charles de Gaulle. Jacques Chirac fera d'ailleurs personnellement pression auprès de la Syrie, soupçonnée d'être impliquée dans l'assassinat, pour qu'elle accepte de collaborer à l'enquête. Il reçoit ensuite régulièrement à Paris son fils, Saad Hariri, qui prendra les rênes du gouvernement à deux reprises au cours des années 2000. 

Signe de la force de leurs relations, à son départ de la présidence en 2007, Jacques Chirac se retrouvera hébergé dans un duplex de 180 m² à Paris, mis à sa disposition pendant plus de huit ans par la famille Hariri.

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Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a, lui aussi, soigné les relations entre les deux pays. Le chef de l'Etat a reçu à plusieurs reprises Saad Hariri. Notamment lorsqu'il était intervenu pour son retour au Liban après l'annonce de sa démission surprise le 9 novembre 2017, en Arabie saoudite.

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