Expulsion d'étrangers radicalisés : Gérald Darmanin au Maghreb pour trouver un accord

Expulsion d'étrangers radicalisés : Gérald Darmanin au Maghreb pour trouver un accord

ISLAMISME - Le ministre de l'Intérieur s'est rendu vendredi à Tunis, avant un déplacement dimanche à Alger. L'objectif de Gérald Darmanin est de trouver un accord avec ces pays en vue de l'expulsion de 231 personnes en situation irrégulière, soupçonnées de radicalisation.

La visite était prévue de longue date, mais elle a pris une autre tournure après l'attentat de Nice, qui a coûté la vie à trois personnes le 29 octobre, et dont l'auteur présumé est un ressortissant tunisien. Gérald Darmanin s'est rendu à Tunis, vendredi, afin d'y rencontrer le président Kais Saied ainsi que son homologue tunisien, Taoufik Charfeddine. Il est également attendu à Malte, puis à Alger dimanche, et devrait prochainement se rendre en Russie, pour évoquer notamment avec ses homologues les questions de radicalisation. 

Le ministre de l'Intérieur a emporté dans ses valises une liste de 231 ressortissants étrangers en situation irrégulière, suivis pour radicalisation, dont une large majorité sont originaires du Maghreb, ainsi que de Russie. Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé la veille un durcissement des contrôles aux frontières et plaide à nouveau pour une révision des accords de Schengen, son ministre est missionné pour trouver avec ces pays un accord en vue de l'expulsion de ces étrangers soupçonnés de radicalisation. Avant Tunis, Gérald Darmanin a fait escale à Rome à l'occasion d'une réunion bilatérale visant à "renforcer la coopération avec l'Italie en matière migratoire et dans la lutte contre le terrorisme. 

Les déplacements du ministre de l'Intérieur s'inscrivent également dans un contexte de tensions avec la Turquie et plusieurs pays musulmans autour du sujet des caricatures. 

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Demande pressante

Dans un contexte de risque terroriste accru sur le territoire national, l'exécutif souhaite avancer rapidement sur ce dossier. Selon Europe 1, la visite de Gérard Darmanin a été précédée, lundi, d'un coup de téléphone adressé par Emmanuel Macron à son homologue tunisien, pour évoquer le sujet des ressortissants radicalisés que la France entend expulser. 

"Les étrangers en situation irrégulière et de radicalisation doivent retourner dans leur pays d'origine afin de faire l’objet des poursuites judiciaires indispensables", a insisté jeudi, également sur Europe 1, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. "Nos interlocuteurs sont conscients que cette menace là les touchent aussi", a-t-il assuré, estimant que la France a "des dialogues assez francs avec ses partenaires". 

Pour permettre l'expulsion de ressortissants ne présentant pas de passeport, les pays d'origines doivent délivrer des "laissez-passer consulaires". L'absence de ces documents constitue un obstacle à leur reconduite à la frontière. Or s'agissant des ressortissants tunisiens concernés, parmi lesquelles figure une vingtaine de personnes condamnées, notamment dans des affaires de terrorisme, l'expulsion a été refusée jusqu'ici par les autorités de ce pays en raison des restrictions liées au Covid-19, ont indiqué des sources gouvernementales. 

Selon les chiffres fournis à l'AFP par l'exécutif, la Tunisie ne validerait actuellement que 55% des demandes de laissez-passer consulaires, mois que l'Algérie et le Maroc. La France entend bien faire pression sur ses partenaires pour inverser la vapeur. 

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