Extrême droite en Autriche : immigration, populisme... que prévoit le programme du nouveau gouvernement

Extrême droite en Autriche : immigration, populisme... que prévoit le programme du nouveau gouvernement

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EUROPE - Le nouveau gouvernement autrichien a prêté serment lundi à Vienne, signant l'arrivée au pouvoir d'une coalition formée par la droite et l'extrême droite. Une alliance inédite, qui devrait mettre en application un programme, adopté samedi par les deux camps.

L'extrême droite s'installe au pouvoir en Autriche. A 31 ans, le conservateur Sebastian Kurz devient chancelier, et plus jeune dirigeant du monde, huit mois après avoir pris les commandes du parti chrétien-démocrate (ÖVP) qu'il a conduit à la victoire lors des législatives d'octobre. Le nouveau gouvernement, fruit d'une alliance entre l'ÖVP et le sulfureux FPÖ, a prêté serment ce lundi. Une alliance généreuse pour le parti d'extrême droite, puisque celui-ci décroche trois ministères régaliens - Intérieur, Défense, Affaires étrangères – mais aussi un portefeuille de vice-chancelier pour son chef, Heinz-Christian Strache, 48 ans. Une marge de manœuvre suffisante pour appliquer une politique populiste, si l'on en croit le programme du gouvernement dévoilé samedi. 

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Autriche : l'extrême droite fait son entrée au gouvernement

L'Autriche d'abord

Le "pacte" scellé entre les deux partis n'y va pas par quatre-chemins : "Nous voulons pouvoir décider quel immigré peut vivre chez nous", stipule le programme commun. Objectif ? "Que notre patrie, l'Autriche, reste un pays où il fait bon vivre avec tous ses atouts culturels". Suit une liste de mesures destinées à "stopper l'immigration motivée par le système d'Etat providence" : pour les bénéficiaires du droit asile, le revenu minimum garanti (Mindestsicherung), versé aux personnes sans ressources, sera plafonné à 520 euros mensuels maximum contre plus de 800 euros pour les autres résidents en Autriche. 

Le montant cumulé du revenu garanti par foyer sera plafonné à 1.500 euros, le FPÖ ayant régulièrement accusé des familles nombreuses d'origine immigrée de cumuler les prestations familiales. L'intégration sera l'une des priorités du nouveau gouvernement. Son succès dépend notamment "du nombre de personnes à intégrer" et de l'acception de "nos valeurs". Les enfants ne maîtrisant pas suffisamment l'allemand devront passer une année obligatoire de plus en jardin d'enfants.

Renforcer la démocratie directe

C'était l'une des conditions du FPÖ pour entrer au gouvernement : obtenir la mise en place d'un mécanisme permettant la tenue d'un référendum "sur le modèle suisse". Un minimum de 100.000 électeurs pourra ainsi lancer une initiative législative, à ratifier par le Parlement. Le renforcement de la démocratie directe est l'une des revendications des extrêmes droites européennes qui y voient une réponse à la crise de la représentativité tandis que ses opposants y voient un risque de remise en cause de la protection et des droits des minorités.

La cigarette, symbole de 'liberté'

A l'heure où la plupart des pays européens planche sur leur dette ou le chômage, l'alliance ÖVP/FPÖ, elle, a fait d'une priorité le respect du droit de fumer. Prévue par une loi de 2015, une interdiction totale du tabac dans les bars et restaurants devait entrer en vigueur le 1er mai prochain. Et pour cause : le pays est l'un des derniers d'Europe où il demeure possible de fumer dans les débits de boissons. En effet, la consommation de tabac y est autorisée dans les établissements dotés d'espaces fumeurs séparés, et dans ceux d'une superficie inférieure à 50 m2, trop petits pour diviser leur espace. Une autorisation qui va donc continuer : le FPÖ, qui s'était arc-bouté sur le maintien des espaces fumeurs, estime qu'il en va de la "liberté de choix" et de l'équilibre économique de nombreux établissements. 

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