Paris sans nouvelle d'une chercheuse franco-iranienne arrêtée en Iran, Macron se dit "préoccupé"

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Guerre des nerfs entre l'Iran et les Etats-Unis

DIPLOMATIE - La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah a été arrêtée en Iran, a annoncé lundi la France, qui réclame de pouvoir rencontrer sans délai cette anthropologue, disparue depuis "trois semaines".

Fariba Adelkhah, une chercheuse franco-iranienne de l'Institut d'études politiques de Paris, a été arrêtée en Iran, a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères. Paris réclame de pouvoir rencontrer sans délai cette anthropologue dont elle est sans nouvelle. Si le quai d'Orsay n'a pas précisé la date d'arrestation de l'universitaire, plusieurs médias en persan basés à l'étranger ont rapporté que cette arrestation remontait à "trois semaines".


Ce lundi, depuis Belgrade, où il  est en déplacement, Emmanuel Macron a réagi à cette arrestation. "Ce qui s'est passé me préoccupe beaucoup", a déclaré le chef de l'Etat, qui a demandé des "clarifications" a son homologue iranien, Hassan Rohani. 

"Aucune réponse satisfaisante" de Téhéran

Les autorités françaises ont "effectué des démarches auprès des autorités iraniennes pour obtenir de leur part des informations sur la situation et les conditions de l'arrestation de Mme Adelkhah et demander un accès consulaire" à leur ressortissante mais n'ont reçu "aucune réponse satisfaisante" à ce jour, indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. "La France appelle les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur la situation de Mme Adelkhah et leur réitère ses demandes, en particulier celle d'une autorisation sans délais pour un accès consulaire".


Fariba Adelkhah, docteure en anthropologie de l'École des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) de Paris, travaille comme chercheuse au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po-Paris. Auteure de nombreuses publications sur l'Iran et l'Afghanistan, elle collabore à plusieurs revues scientifiques comme "Iranian Studies" et "la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée".

La pression monte

L'annonce de son arrestation intervient dans un contexte de tensions entre l'Iran et les pays occidentaux, en raison des sanctions américaines imposées à Téhéran. Les États-Unis ont accusé le pays de ne pas respecter les termes de l'accord sur le nucléaire iranien, avant de quitter unilatéralement celui-ci en mai 2018, puis de rétablir à partir d'août 2018 des sanctions 

punitives contre l'Iran, le privant ainsi des retombées économiques qu'elle attendait de l'accord.


En mai 2019, lassé d'attendre que les autres parties à l'accord ne l'aident à contourner les sanctions américaines, Téhéran a annoncé qu'il commençait à s'affranchir progressivement de certains de ses engagements pour forcer ses partenaires à agir pour sauver l'accord. Le pays a dépassé début juillet la limite imposée à ses réserves d'uranium enrichi, à 4,5%, soit au-delà du maximum autorisé par l'accord (3,67%).


Alors que le sujet est au centre d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles, l'Iran a appelé lundi les Européens à prendre des mesures "pratiques, efficaces et responsables" pour sauver l'accord, avant d'affirmer que le pays pourrait "revenir à la situation" d'avant l'accord de 2015.

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