"Faut-il brûler les homos ?" Face au tollé, l'hebdo marocain s'excuse

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POLÉMIQUE - En plein débat sur la dépénalisation de l'homosexualité au Maroc, le magazine Maroc Hebdo a joué la provocation avec une couverture violemment homophobe. Mais face au tollé, le directeur de la publication a présenté ses excuses et retiré le numéro de la vente.

En 2012, Maroc Hebdo s'était déjà "illustré" en dénonçant sur l'une de ses couvertures "Le péril noir" de "l'immigration en provenance d'Afrique". Nouvelle provocation en janvier dernier : sa une post-attentats de janvier moquait le phénomène "Je suis Charlie" en clamant "Je suis Mahométan" sur une photo de la Mecque.

Cette fois, cet hebdo basé à Casablanca et tiré à 15.000 exemplaires fait dans l'homophobie. Alors que le Maroc débat actuellement sur la dépénalisation de l'homosexualité (aujourd'hui considérée comme un délit passible de trois ans de prison dans le pays), le journal prend clairement position en jouant la provocation. "Faut-il brûler les homos ?" s'interroge-t-il en couverture de son numéro paru vendredi. "Certes, (l'homosexualité) est un droit individuel, poursuit-il sur sa une, qui montre deux jeunes hommes au bord d'une piscine. Mais, quid de la morale et des valeurs religieuses ?" 

"Faut-il brûler Maroc Hebdo ?"

Cette couverture n'a pas manqué de provoquer une onde de choc sur les réseaux sociaux. "Quelle honte", "stupide", "appel à la haine et à la violence" contraire à la constitution marocaine... La page Facebook du magazine récolte ainsi depuis jeudi soir de nombreux commentaires indignés. "Faut-il brûler Maroc Hebdo ?", répliquent certains. Têtu souligne que des utilisateurs ont signalé la page à Facebook, mais qu'ils indiquent avoir obtenu du réseau social une réponse affirmant que "ce contenu ne viole pas les règles de la communauté".

Néanmoins face à la polémique, le directeur de la publication du magazine, Mohamed Selhami, a publié vendredi soir un communiqué sur Facebook où il annonce le retrait du numéro des kiosques. Assurant que Maroc hebdo "n’a pas pour politique éditoriale de céder à un certain sensationnalisme de mauvais aloi ni de se distinguer par des sujets provocateurs", il explique avoir seulement voulu "rendre compte de ce débat" sur l'homosexualité. Enfin il présente "ses excuses à tous les lecteurs qui ont pu être choqués".

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Ce tollé intervient alors que doit se tenir vendredi l'audience du procès de deux hommes marocains qui se sont embrassés la semaine dernière en public sur l'esplanade de la "Tour Hassan", au lendemain d'une action menée par deux militantes du Femen sur les mêmes lieux, en soutien aux homosexuels.

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