Félicien Kabuga, considéré comme le "financier" du génocide rwandais, arrêté en France

Félicien Kabuga, l'un des accusés du génocide rwandais, arrêté en France
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ARRESTATION - Félicien Kabuga, l'un des principaux accusés du génocide rwandais de 1994, a été interpellé samedi 16 mai en France, à Asnières-sur-Seine, près de Paris, où il résidait sous une fausse identité.

C'est l'un des fugitifs les plus recherchés au monde. Ce samedi 16 mai en France, après 25 ans de cavale, Félicien Kabuga a été arrêté. Considéré comme le "financier" du génocide rwandais, il a été interpellé à Asnières-Sur-Seine (Hauts-de-Seine) où il résidait sous une fausse identité. 

Âgé de 84 ans, comme l'indique la notice rouge émise par Interpol, l'homme est notamment accusé d'avoir créé les milices Interahamwe, principaux bras armés du génocide de 1994 qui fit 800 000 morts parmi la population tutsi, selon l'ONU. 

"C'est une enquête qui a été relancée il y a deux mois, suite à des renseignements que nous avons exploités" sous l'égide de la justice internationale avec la coopération de la Belgique et du Royaume-Uni, a réagi auprès de l'AFP Eric Emeraux, le chef de l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH).

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Le "financier" du génocide

Son arrestation ouvre désormais la voie à un procès devant la justice internationale. Félicien Kabuga est visé par un mandat d'arrêt du Mécanisme pour les Tribunaux pénaux internationaux (MTPI), basé à la Haye et chargé de poursuivre les travaux du Tribunal international pour le Rwanda (TPIR), fermé en 2015. L'ancien homme d'affaires est accusé des chefs de "génocide", "incitation directe et publique à commettre le génocide" et "crimes contre l'humanité (persécutions et extermination)". Son interpellation ce samedi "est un rappel que ceux qui sont responsables de génocide peuvent être amenés à rendre des comptes, même 26 ans après leurs crimes", a commenté le procureur du MTPI Serge Brammertz, dans un communiqué. 

Félicien Kabuga était un proche du président rwandais Juvénal Habyarimana dont l'assassinat, le 6 avril 1994, allait déclencher le génocide. Il présidait la tristement célèbre Radio télévision libre des Mille collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi et le Fonds de défense nationale (FDN). Félicien Kabuga aurait ainsi fourni des fonds au gouvernement rwandais intérimaire pour financer le génocide de 1994 et aurait fourni un soutien logistique aux miliciens Interahamwe en leur délivrant notamment des machettes et des uniformes.

En fuite depuis 1994

Réfugié en Suisse en juillet 1994 avant d'être expulsé, Félicien Kabuga avait ensuite temporairement rejoint Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Il avait été signalé en juillet 1997 à Nairobi, au Kenya, où il avait échappé à une opération destinée à l'arrêter, puis à une autre en 2003, selon l'ONG TRIAL International, qui lutte contre l'impunité des auteurs des crimes de guerre.

L'octogénaire doit maintenant être présenté au parquet de Nanterre en vue de son incarcération, puis au parquet général de Paris dans les prochains jours. La chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris sera ensuite chargée d'ouvrir une procédure d'extradition et décider de remettre l'accusé au MTPI pour qu'il y soit jugé.

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