En Chine, malgré les protestations, on mange toujours de la viande de chien (et ce n'est pas le seul pays concerné)

En Chine, malgré les protestations, on mange toujours de la viande de chien (et ce n'est pas le seul pays concerné)
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WOUF - Malgré les protestations des associations de défense des animaux, le festival de la viande de chien de Yulin a bien eu lieu. Cette tradition suscite chaque année une levée de boucliers à l'international et même en Chine. Etat des lieux de cette pratique ancestrale, toujours bien implantée en Asie.

"Les jeunes, les vieux, même les bébés mangent du chien ici. C'est la tradition. Yulin n'a aucune spécialité locale", explique Chen Bing à nos confrères de l'AFP.  Cet employé de bureau de 25 ans est persuadé que les autorités n'interdiront jamais la tenue du festival de la viande de chien organisé chaque année dans cette ville de l'extrême sud de la Chine, un événement pourtant de plus en plus décrié. Pour le moment, Chen Bing a raison. 

Malgré les protestations de nombreux défenseurs de la cause animale, ce festival atypique a bien eu lieu ce mercredi 21 juin. L'association américaine Humane Society International (HSI) avait pourtant affirmé le mois dernier que les autorités chinoises interdiraient toute vente de viande de chien durant cette édition 2017. Les autorités auraient finalement opté pour un compromis, autorisant les vendeurs à placer deux carcasses par étal. Un quota largement dépassé selon les journalistes et responsables d'associations présents sur place.


Les carcasses dépecées visibles à tous les coins de rue ne laissent aucun doute : oreilles courtes et pointues, crocs bien visibles, ici des milliers de chiens ont été sacrifiés. "Pendant la fête, nos ventes sont multipliées par neuf", a d'ailleurs assuré M. Yang, un restaurateur. "Et rassurez-vous, on arrive toujours à avoir assez de chiens". Les ventes se font plus discrètes, parfois sous le manteau, mais les chiffres restent éloquents : plus de 10.000 chiens sont abattus pour la fête.

Les défenseurs des animaux poursuivent le combat

Les ventes auraient tout de même connu "une baisse significative" selon l'ONG Humane Society International. "Le combat contre cette fête (...) est fait de petites victoires comme celle-ci et il est important de reconnaître les progrès quand il y en a", constate sa porte-parole Wendy Higgins. 


La veille du festival, l'ONG avait surtout réussi un grand coup médiatique. Des activistes chinois avaient arrêté un camion comptant près de 1000 chiens et chats destinés à la consommation. Les animaux ne se dirigeaient pas vers Yulin mais vers un abattoir au sud de Guangdong.


L'ONG américaine Animal Hope & Wellness Foundation a, quant à elle sauvé, dix chiens qui auraient dû finir sur les étals de Yulin. Ils ont été ramenés aux Etats-Unis pour être adoptés.

Humane Society International estime qu'entre 10 et 20 millions de canidés sont tués chaque année dans ce pays. La vente y est toujours légale, mais de moins en moins populaire. L'action des associations de défense de la cause animale n'y est évidemment pas pour rien.


Simple illustration avec le distributeur français Carrefour. L'enseigne avait promis dès 2012 de ne plus vendre de chien, mais une inspection menée en mai dernier par l'organisme Animals Asia a révélé la présence de lots de viande de chien dans deux de ses hypermarchés chinois, à Xuzhou dans l'est du pays. Face à la grogne, le siège parisien a dû rapidement réagir, assurant que les produits avaient été retirés de la vente.

Et dans le reste du monde ?

La Chine n'est pas un cas isolé. Humane Society International recense au total sept autre pays asiatiques "croqueurs" de chien : les Philippines, la Corée du sud, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam, le Cambodge et l'Inde (région de Nagaland dans le nord de l'Etat). En Afrique, des faits mineurs auraient également été repérés par l'organisme au Ghana, au Cameroun, en RDC et au Nigeria, et d'autres pays d'Afrique de l'est seraient concernés par cette pratique.


Plus étonnant, SOS Chats Noiraigue dénonce une consommation d'animaux domestiques ... en Suisse. Les cas seraient "peu nombreux" mais la tradition perdurerait en Suisse alémanique et dans leJura. Une pétition lancée par la fondation en 2014 n'avait cependant pas réussi à engendrer un changement de législation.


Et en France ? Rassurez-vous, aucune chance de trouver du chien à la carte dans un restaurant, la loi l'interdit. Manger du chien serait considéré comme un acte de cruauté. 

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