Fidel Castro et les femmes, toute une histoire

EL CABALLO - Fidel Castro s'est éteint à l'âge de 90 ans. Au pouvoir pendant près d'un demi-siècle à Cuba, le dictateur - marié à deux reprises - s'était aussi forgé une légende d'"étalon" (El Caballo) teintée de réalité mais aussi d'exagérations. Certaines de ses maîtresses ont confié leurs souvenirs.

Fidel Castro, mort ce 25 novembre à l'âge de 90 ans,  emporte avec lui une part de mystère et de légende. Y compris dans son rapport aux femmes. "L'homme aux 35 000 femmes", telle que l'écrivait le New York Post en 2008 s'est en effet façonné une réputation de Don Juan. Certains de ses biographes lui prêtent même une réputation d'amant viril et frivole.  

Gentleman Castro

Fidel Castro collectionnait-il vraiment les femmes ? En 2010, le Telegraph écrivait : "Le passé de coureur de jupons de Fidel est un sujet extrêmement tabou". Deux journalistes américaines de Vice ont tenté de retracer un passé d'aventures. 

Il aimait me verser du chocolat sur tout le corps. C'était les plus beaux jours de ma vieYéni, ancienne maîtresse de Castro

Lors d'une enquête de plusieurs semaines à Cuba, elles sont parties à la rencontre de femmes qui ont accepté de dévoiler la vie épancher sur les performances sexuelles du "Commandante". Parmi elles, une dénommée Yéni qui a reconnu avoir eu une relation avec le dictateur cubain. "Il me ramenait des viennoiseries d'une boutique parisienne. Je ne me rappelle plus du nom, mais il en était très fier. Elles étaient délicieuses. Il aimait aussi me verser du chocolat sur tout le corps. C'était les plus beaux jours de ma vie. Je lui demandais tout le temps s'il voulait qu'une autre femme se joigne à nous. Mais il disait qu'un homme devrait toujours se contenter de faire l'amour à une seule femme. " 

Combien d'enfants ? "Presque une tribu entière"Fidel Castro

De nombreux Cubains ont surnommé Fidel Castro "El Caballo" (l'Étalon) dès les années 1960, à cause de sa réputation d'amant viril et frivole. Sur cette question, le sarcasme est de mise sur l'île. Le surnom donné à certains enfants fait même référence à ce mythe. "J'ai sept cousins qui s'appellent Fidelito [le nom du premier fils de Castro]. Tous les bâtards s'appellent Fidelito… Fidelito. Fidelito. Dès qu'une femme tombe enceinte et qu'elle refuse de donner l'identité du père… ", explique, toujours à Vice, une autre habitante. 


Auteure du livre Without Fidel publié en 2009, Ann Louise Bardach a eu l'opportunité de l'interviewer personnellement et de lui poser cette question : "A combien estimez-vous le nombre de vos enfants?" "Presque une tribu entière", avait-il répondu.  

La "petite espionne" qui devait tuer Castro

Si le mystère Castro est si difficile à percer, c'est également pour deux raisons. D'une part, une liberté de parole restreinte sous le régime communiste. "Les femmes refusent de parler de leur liaison avec Castro, parce qu'elles en seront directement affectées si elles vivent encore à Cuba. Moi-même, j'ai perdu mon visa parce que je m'étais trop épanchée sur sa vie privée", a confié Ann Louise Bardach à Vice. D'autre part, le dictateur cubain a été une personnalité politique dans la ligne de mire de nombreux services de renseignement du monde entier, en particulier des Américains, dont le territoire est situé à une petite centaine de kilomètres de Cuba. 638 projets d'attentats aurait été fomentés contre lui par la CIA. Une situation qui le contraint à la discrétion. À titre d'exemple, Fidel Castro n'exhibera sa deuxième épouse et ses enfants qu'en 2001 lors d'un congrès. 


"Il partait sans prévenir ni dire pourquoi", se remémore Martina Lorenz à Paris Match. Pendant huit mois, celle qui se surnomme "la petite espionne de Castro" fut la maîtresse attitrée du "Commandante". Mais au terme d'une séparation amoureuse rocambolesque, cette germano-américaine a été approché par la CIA pour assassiner son amant. Elle refusera, même contre deux millions de dollars. "Je l'aimais trop et je l'aime encore", s'est-elle justifiée. 

Ce n'était pas un très bon amantMartina Lorenz, ancienne maîtresse de Castro

Si le nombre de ses aventures est voué à être éternellement inquantifiable, Fidel Castro laisse une trace indélébile auprès de ses maîtresses. Comme Marita Lorenz, Yéni ne l'oubliera pas. "Je l'aime toujours, a-t-elle avoué. Pour moi, cette période est sacrée. De toute ma vie, je n'ai aimé que deux hommes : mon mari et Fidel. C'est le plus grand homme que cette Terre ait porté". 


Enfin, Ann Louise Bardach, apporte son interprétation personnelle du mythe qu'entretient lui-même Fidel Castro.  "J'ai vite compris qu'il était à des années-lumières de comprendre pourquoi l'affaire Monica Lewinsky avait causé un tel scandale, a-t-elle poursuivi. Il était sincèrement surpris que le fait d'avoir beaucoup d'amantes puisse porter préjudice à un homme politique. Pour lui, être un mujeriego (un coureur de jupons), était lié à un certain pouvoir politique".  En guise de conclusion, Marita Lorenz, s'autorise cependant un espiègle commentaire  : "Ce n’était pas un très bon amant."

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