Fièvre Ebola : la France redouble de prudence

Fièvre Ebola : la France redouble de prudence

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SANTÉ - Face à l'épidémie sans précédent de fièvre Ebola en Guinée, la France a accru sa "vigilance", a annoncé jeudi la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine. Pourtant, sur place, ce regain de prudence, critiqué pour son arrivée tardive, doit faire face aux traditions.

La France prend des précautions face à l'épidémie de fièvre Ebola qui a fait une centaine de morts en Afrique de l'Ouest depuis janvier. Le pays a accru, jeudi, sa "vigilance" en alertant notamment les médecins sur les symptômes de cette maladie qui provoque fièvre et douleurs musculaires et contre laquelle il n'y a aucun vaccin, a annoncé la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine. Les établissements de santé et les Samu ont ainsi reçu des recommandations sur la prise en charge de cas suspects.

Marisol Touraine dit toutefois n'en avoir eu "connaissance" d'aucun en France jusqu'ici. Selon elle, il n'y a "pas de raison de s'inquiéter particulièrement". La ministre en charge de la Santé a ajouté qu'il "n'y avait pas aujourd'hui nécessité de restriction" des voyages dans les pays d'Afrique de l'Ouest - Guinée, Liberia, Sierra Leone - où des cas suspects ou avérés ont été rapportés.

Communication tardive et croyance

Le Quai d'Orsay a de son côté actualisé mercredi sa page "Conseil aux voyageurs" concernant la Guinée, expliquant qu'il était "déconseillé de se déplacer ou de séjourner dans les zones touchées par la fièvre hémorragique, sauf raison impérative". Ajoutant qu'il est "recommandé de se tenir informé des directives sanitaires émises par les autorités guinéennes et des messages de sécurité de l’ambassade de France à Conakry (Guinée)".

"Mais sur place, les informations nous arrivent au compte-gouttes", critique Michel, expatrié français en poste à Conakry. Selon lui, la gestion médicale de ce dangereux virus se heurte à une médecine guinéenne délétère, freinée par des hôpitaux ne possédant parfois pas d'eau et subissant des coupures de courant régulières. "Aussi inquiets soient-ils, souligne par ailleurs Michel, les Guinéens donnent de toute façon bien plus de crédit aux croyances qu'à la science. Ainsi, la tendance actuelle est de croire que s'inscrire 'Bismillâh' (expression signifiant 'au nom de Dieu clément et miséricordieux') sur le bras, boire du Nescafé salé et consommer des oignons cuits vous empêcherait d'attraper la maladie". Un nouveau cas suspect de fièvre Ebola a été détecté jeudi au Liberia alors que le virus a déjà causé au moins 83 décès en Guinée.
 

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