Fin de vie : la justice britannique réitère son refus, le petit Alfie Evans n'ira pas se faire soigner en Italie

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BATAILLE JURIDIQUE - Alfie Evans, 23 mois et atteint d'une maladie dégénérative rare, est au cœur d'une bataille juridique qui ravive le débat sur la fin de vie. La justice britannique a de nouveau refusé, ce mercredi, d'envoyer l'enfant en Italie, où des hôpitaux ont proposé de l'accueillir pour tenter d'apporter un nouveau diagnostic.

La nouvelle tentative des parents du petit Alfie Evans aura été vaine. La justice du Royaume-Uni a rejeté mercredi 25 avril 2018 leur demande de pouvoir transférer en Italie leur enfant de 23 mois dans un état semi-végétatif et dont les médecins britanniques ont décidé l'arrêt du traitement. Les appels introduits séparément par le père et la mère du jeune enfant "doivent être rejetés [...]. C'est affreux pour toutes les personnes concernées", a déclaré le juge de la Haute Cour de Londres, confirmant une décision prise la veille par un premier juge. Selon The Guardian, les parents devaient rencontrer ce jeudi  l'équipe médicale  pour discuter d'un retour de l'enfant à domicile. 

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Lundi 23 avril, l'assistance respiratoire avait été retirée au bébé, avant d'être réinstallée vingt heures plus tard. Une épisode qui prouve, selon son père Tom Evans, qu'il peut respirer seul et que son état de santé est "significativement meilleur" qu'estimé par l'équipe médicale. Le tout jeune malade, né en mai 2016, est hospitalisé depuis le mois de décembre de la même année. Il bénéficie du soutien du gouvernement italien et du pape François. L'audience de ce mercredi constituait une nouvelle étape d'une bataille judiciaire opposant les parents à l'hôpital pour enfants de Liverpool où Alfie se trouve. 

Selon l'équipe médicale, il n'existe pas de traitement pour soigner la pathologie neurodégénérative rare dont Alfie souffre. Les médecins estiment ainsi qu'il est dans l'intérêt du tout jeune enfant de ne pas poursuivre les soins. L'avocat de son père a indiqué durant l'audience que les parents ne recherchaient pas "un traitement miracle en Italie", mais "simplement les soins palliatifs nécessaires". 

Ce mardi, à la veille de ce jugement interdisant le transfert du bébé dans un autre pays, le Christian Legal Centre, un groupe qui vise à "protéger la liberté des chrétiens de vivre selon leurs croyances", avait demandé au juge de permettre aux parents d'emmener leur fils en Italie, où des hôpitaux ont proposé de l'accueillir. La requête avait été rejetée par un juge de la Haute cour de Manchester ayant estimé que le dossier avait atteint son "chapitre final". C'est là que les parents ont décidé de faire une nouvelle fois appel, cette fois devant la Haute Cour de Londres. En vain.  

A chaque fois, les différentes juridictions britanniques sollicitées (Haute Cour, Cour d'appel et Cour suprême) ont conforté l'équipe médicale dans leur choix d'arrêter le traitement du bébé. La Cour européenne des droits de l'homme a également rejeté la requête des parents. 

En soutien aux parents, le pape et une pétition totalisant plus de 500.000 signatures

Au-delà des considérations médicales, le cas du tout jeune enfant pose des questions éthiques faisant écho, par exemple en France, à l'affaire Vincent Lambert. Une pétition hébergée par le site Change.org et demandant à laisser aux parents la liberté de choisir où soigner leur enfant venait de dépasser les 500.000 signatures ce jeudi matin. En outre, le pape François a exprimé à plusieurs reprises sur Twitter son soutien aux parents. 

A Rome, la directrice de l'hôpital pour enfants Bambino Gesù, l'un des établissements ayant proposé d'accueillir l'enfant, a publiquement fait part de son soutien à la famille britannique. En déclarant mercredi, avant l'annonce du refus du juge, qu'un avion médicalisé fourni par gouvernement italien était prêt à décoller d'Italie pour aller chercher en Angleterre le petit Alfie, qui s'est vu attribuer la nationalité italienne. 

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