Fossiles, spécimens rares... Pourquoi l'incendie du Musée national de Rio représente une perte inestimable pour la science

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TRAGÉDIE CULTURELLE - Il fêtait cette année son bi-centenaire. Le Musée national de Rio, qui a été entièrement détruit par les flammes dimanche, était la plus ancienne institution scientifique du pays. Les chiffres, étourdissants, montrent qu'il était incontestablement le plus grand musée d'histoire naturelle d'Amérique latine.

"Toutes les archives historiques, qui étaient conservées dans un secteur intermédiaire du bâtiment, ont été complètement détruites. Ce sont 200 ans d'histoire qui ont disparu". Le directeur adjoint du Musée national de Rio de Janeiro n'a pu que constater amèrement les dégâts. Le Palais Saint-Christophe, ancienne résidence royale qui accueillait l'établissement depuis 1892, a entièrement été détruit par un violent incendie dimanche 2 septembre. Emportant avec lui quelques-uns des joyaux de la culture brésilienne.

Créé en 1818 par le roi portugais Jean VI, le Musée national de Rio était considéré comme le plus grand musée d'histoire naturelle d'Amérique latine. Sur son site, l'établissement détaille une collection qui "compte plus de 20 millions d'articles et couvre des domaines scientifiques tels que la zoologie, la géologie, la paléontologie et l'anthropologie biologique". Ses 150.000 visiteurs annuels venaient ainsi s'instruire sur l'histoire de la Terre, l'évolution de l'homme, les cultures méditerranéennes, l'Egypte antique, l'archéologie pré-colombienne et brésilienne ou encore l'ethnologie indigène brésilienne.  Le catalogue mis en ligne offre un avant-goût de ces différentes sections.

26.000 fossiles, 537.000 ouvrages dans sa bibliothèque

On y trouvait ainsi plus de 20 millions de pièces de grandes valeurs, dont plus de 26.000 fossiles. Un squelette de dinosaure découvert dans le Minas Gerais, au centre du Brésil, côtoyaient des espèces disparues comme les paresseux géants et les tigres à dents de sabre, souligne l'AFP. Luzia, le plus ancien fossile découvert au Brésil, était l'une de ses possessions les plus précieuses. Le département de zoologie était l'un des plus fournis du continent avec 6,5 millions de spécimens, dont quelque 600.000 poissons et 100.000 amphibiens. Chaque espèce d'oiseau brésilien était également représentée parmi les animaux empaillés. Le Musée disposait également d'un herbier commencé en 1831 et riche de quelque 550.000 plantes.

Il était aussi un haut lieu de recherches et d'études, intégré depuis 1946 à l'Université fédérale de Rio de Janeiro. La bibliothèque de l'établissement comptait 537.000 ouvrages, dont 1560 était rares comme une "Histoire naturelle" datant de 1481. Autant de savoirs et de traces de l'Histoire aujourd'hui disparus. Chercheurs, professeurs et étudiants ont appelé à manifester devant le bâtiment détruit pour dénoncer un drame qui, selon eux, aurait pu être évité si les travaux nécessaires avaient été entrepris.

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