Français disparus au Québec : la motoneige, une activité prisée des touristes qui n'est pas sans risque

Français disparus au Québec : la motoneige, une activité prisée des touristes qui n'est pas sans risque
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DANGER - Sortis faire une randonnée en motoneige mardi, les cinq Français disparus dans un accident sur le lac Saint-Jean sont toujours recherchés. La pratique de cette activité hivernale, très populaire au Québec, peut se révéler à risque. Chaque année, une vingtaine de motoneigistes perdent la vie dans cette province du Canada.

Ils étaient partis faire une randonnée en motoneige. Trois jours après l'excursion qui a coûté la vie à leur guide, les cinq Français restent portés disparus. D'après les premiers éléments de l'enquête, ils roulaient sur le lac de Saint-Jean, dans une zone réputée dangereuse, où la glace se fait plus fine, en raison des courants et des vents qui la balaient. Le groupe de touristes et leur guide auraient coupé hors sentier pour rejoindre au plus vite leur destination finale. Selon l'hypothèse la plus pessimiste, ils auraient sombré dans les eaux glacées. L'espoir de les retrouver en vie "s'amenuise au fur et à mesure que le temps passe, surtout avec ces dernières découvertes", a reconnu jeudi soir une porte-parole de la Sûreté du Québec. 

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20 morts en moyenne par an

Activité phare dans la région, avec 33.000 kilomètres de sentiers balisés, entretenus et signalisés consacrés à sa seule pratique, la motoneige connaît une hausse constante de ses adeptes. Entre 2015 et 2018, le nombre de motoneiges immatriculées est passé de 181.010 à 201.732. Et, chaque année, plus de 30.000 touristes s'aventurent dans les grands déserts blancs immaculés du Québec. Mais qui dit augmentation des usagers, dit forcément accidents. Depuis 1994, dans cette seule province du Canada, la motoneige tue une vingtaine de personnes en moyenne par an. Les causes principales d'accidents sont l'excès de vitesse, l'abus d'alcool ou de drogue, l'imprudence et le non-respect des normes de sécurité. 

"Le plus grand nombre de décès répertoriés, c'est hors sentier. Ce sont donc des gens qui se sont aventurés sur des plans d'eau ou en dehors des sentiers balisés", indiqué à La Voix de l'Est la Fédération des clubs de motoneigistes (FCMQ). Selon les chiffres communiqués à Radio-Canada, le nombre de morts imputés au petit véhicule a grimpé à 33 en 2015 pour redescendre et stagner à 25 en 2017 et 2018. La FCMQ en recensait 22 durant la saison 2018-2019. Depuis le début de l'hiver, la Sûreté du Québec - qui compte un peu plus de 300 patrouilleurs sur le territoire - dénombre quatre victimes motoneigistes, dont trois hors sentier. Parmi eux, le guide montréalais qui accompagnait le groupe de Français.

21 touristes tués depuis 2010

Très prisée des étrangers, ces lourdes et puissantes motos équipées de skis peuvent atteindre la vitesse de 140 km/h. Cependant, le nombre de touristes impliqués dans des accidents mortels est relativement contenu. Depuis 2010, d'après les données fournies par le Bureau du coroner, 21 décès ont été constatés des suites d'un accident de motoneige. Les victimes viennent principalement des autres provinces canadiennes (9 morts) et de France (7 morts). En février 2019, deux touristes français, une mère de 55 ans et son fils de 11 ans, avaient ainsi perdu la vie près d'une rivière, dans une réserve naturelle.

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