Français tués au Niger : Jean Castex rend hommage à "des enfants dont la France peut être fière"

Français tués au Niger : Jean Castex rend hommage à "des enfants dont la France peut être fière"
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HOMMAGE – Le Premier ministre a rendu hommage vendredi aux victimes de l’attaque au Niger, devant les cercueils des six français assassinés. "C'est très vraisemblablement la même inhumanité, qui était à l'œuvre au Niger et au Bataclan, même si nous ne sommes pas encore en mesure de mettre un nom sur ce crime odieux et qui a tout d'une attaque terroriste", a notamment déclaré Jean Castex.

Le Premier ministre Jean Castex était ce vendredi à l’aéroport d’Orly, pour accueillir les cercueils des six Français tués lors de l’attaque au Niger, en compagnie des familles des victimes. Après s’être entretenu avec elles durant près d’une heure, il a prononcé un discours d’une quinzaine de minutes, dans lequelle il a fustigé "le mal". "Chacun de nos compatriotes a compris que les victimes de cet attentat étaient venues au Niger pour y faire le bien et qu'elles y ont rencontré le mal", a déclaré le Premier ministre dans cet hommage d'une dizaine de minutes. 

"Seul le mal peut tendre un guet-apens à des innocents", a poursuivi Jean Castex. "Seul le mal peut tirer de sang-froid et à bout portant sur des femmes et des hommes qui étaient au Niger dans le but de venir en aide à des populations en détresse. Seul le mal peut haïr la générosité. Cette incarnation du mal, la France ne la connait malheureusement que trop car elle l'a déjà vue de près."

Les auteurs de l’attaque "seront traqués sans répit"

Jean Castex, qui qualifie cette attaque de "terroriste" en raison "de la zone concernée et du mode opératoire", a comparé ces actes à ceux du 13 novembre 2015, sur le sol français. "C'est très vraisemblablement la même haine, la même lâcheté, la même inhumanité, qui était à l'œuvre au Niger et au Bataclan, même si nous ne sommes pas encore en mesure de mettre un nom sur ce crime odieux", a indiqué le locataire de Matignon.

Le chef du gouvernement a ensuite rappelé sa détermination à "découvrir le visage que le mal a pris le 9 août dernier", alors que cette attaque "n’a pas encore de signature". "Le parquet national antiterroriste a été saisi de l'enquête", et la France y "consacrera le temps et les moyens qu'il faudra, mais tous ceux qui, directement ou indirectement, sont à l'origine du drame, seront traqués sans répit", a assuré Jean Castex.

"Ils portaient la voix de la France, celle de la liberté"

Le Premier ministre a ensuite rendu un hommage appuyé aux six victimes françaises, sans oublier les deux Nigériens tués lors de ce drame, pour lesquels une cérémonie était organisée par l’ONG Acted à Niamey. "Je veux avant tout exprimer la peine, la douleur, l’incompréhension et la colère de tous les Français", a déclaré le Premier ministre.

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"Ces enfants, qui viennent de vous être arrachés par des tueurs sanguinaires, pourraient être les miens. Ils avaient entre 25 et 31 ans. Des enfants dont vous pouvez être fiers, dont la France entière peut être fière", a poursuivi Jean Castex, citant "de jeunes Françaises et Français brillants, généreux et engagés." "Ils étaient venus au Niger pour apporter le nécessaire, et même l’essentiel. Ils étaient là pour nourrir, soigner, habiller, et instruire. Ils portaient la belle voix de la France, celle de la liberté, de la générosité, de la solidarité, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes."

Les victimes n’étaient "pas des touristes en week-end"

Le Premier ministre est ensuite revenu sur les circonstances de ce drame, insistant sur le fait que les humanitaires "n’étaient pas au parc de Kouré comme des touristes en week-end". "Si cette excursion avait été organisée un dimanche, c’est pour la simple et bonne raison que, le reste de la semaine, ces jeunes gens travaillent à Niamey", la capitale du Niger, a continué Jean Castex.

"Pour servir un pays, il faut bien le connaître. Pour travailler efficacement dans des conditions extrêmes, il faut aussi pouvoir le faire dans des équipes soudées", a insisté le Premier ministre. "Cette courte excursion avait aussi pour but de permettre à ces jeunes gens d’horizons différents de mieux se connaître pour se mettre plus efficacement au service des autres." Jean Castex a également rappelé que les victimes "n’étaient pas armées" et que "s’engager pour une cause humanitaire, consacrer sa vie aux autres, ce n’est pas en faire le sacrifice."

"Pas question de céder un pouce de terrain au fanatisme criminel"

Enfin, le chef du gouvernement a tenu à rassurer "les ONG et l’ensemble des associations humanitaires" qui "doivent pouvoir continuer leur travail sur place". "Quitter le Niger et les pays limitrophes, ce serait céder face à des meurtriers qui cherchent à nous en chasser et à y implanter leur base arrière, comme ils ont tenté de le faire au Mali, avant l’intervention française", a indiqué Jean Castex. "Quitter le terrain, ce serait abandonner aux assassins et à leur idéologie, des populations entières qu’ils gouverneront par la peur et le désespoir."

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Des Français tués dans une attaque au Niger

Pour le Premier ministre, il n’est "pas question de céder un pouce de terrain au fanatisme criminel, et aux ennemis de la liberté d’agir, de penser et de s’engager". "La France poursuivra son action pour le renforcement de la protection des organisations humanitaires partout dans le monde, et pour la consolidation du droit international humanitaire", a-t-il promis.

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