FRANCE-QATAR : BUSINESS, FOOT ET POLITIQUE - Posez toutes vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités - 24 Heures en Questions

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INTERNATIONAL - Ce soir, comme tous les soirs, dans "24 heures en questions", vous avez la possibilité de poser toutes vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités sur le thème du jour : les relations France-Qatar. Ils vous répondent dès 18h10.

Son arrivée  imminente fait trembler d’excitation des millions de supporters à travers la France et le monde. Neymar, footballeur  du FC Barcelone devrait rejoindre dès demain le PSG, pour la coquette somme de 220 millions d’euros. Un tour de force sportif pour le club de la capitale, qui se dote de l’un des meilleurs attaquants de la planète, mais également un coup géopolitique pour le Qatar. L’émirat est  propriétaire du club, via son fond d’investissement QSI, depuis 2011. Le président du club, Nasser Al-Khelaïfi, est d’ailleurs ministre d’Etat du Qatar et très proche du prince héritier, Tanim ben Hamad Al Thani. Mais le Paris Saint-Germain est loin d’être le seul investissement de Doha. Le Qatar est le siège des influentes chaînes de télévision Al Jazeera et BeinSports. QSI a des participations dans EADS, Wolkswagen, Suez, Veolia, Total, Barclays... En 2012, l’état princier lance une OPA sur les immeubles les plus  luxueux de Paris, rachetant des fleurons de l'hôtellerie ou des sièges de grandes entreprises, comme celui de HSBC aux Champs-Elysées. Pourquoi cette hyperactivité ? En 2013, les 2,5 millions de Qataris étaient les plus riches au monde, en termes de PIB par habitant. Et pour cause, le Qatar tire les deux tiers de son PNB des hydrocarbures, étant même quatrième producteur mondial de gaz. Mais le Qatar a bien conscience du caractère éphémère de ses ressources, et se sert cette monstrueuse manne financière pour investir massivement, dans de multiples secteurs, partout dans le monde. Son but, se rendre visible, travailler son image et ses relations avec les principaux acteurs économiques et politiques mondiaux. En France, certains députés ont même été accusés par des journalistes d'avoir reçus de fastueux cadeaux en échange de services. On parle ainsi de soft power sportif pour le Qatar, qui accueillera d’ailleurs en 2022 la Coupe du Monde de football. Cette attribution, à un pays où les temperatures dépassent les 40 degrés l'été, sans aucune culture footballistique, a par ailleurs ait grand bruit. Les animosités entre les états du golfe se traduisent  désormais aussi sur le mercato, le Qatar ayant subtilisé au nez et à la barbe des Emirats Arabes Unis, propriétaire de Manchester City, le brésilien Dani Alves qui était pourtant en partance pour le club mancunien. Cependant, les tensions autour du Qatar ont récemment explosé.  Le 5 juin dernier, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Accusé de complicité avec des groupes islamistes radicaux, l'émirat se voit imposer un embargo, aux conditions de levée rudes pour l'économie qatarie. Le transfert de Neymar dépasse donc le seul cadre du football, le Qatar prouvant, à l'instar du récent achat de 7 navires de guerres à l'Italie, qu'il peut contourner le blocus assez aisément. Alors, pensez-vous qu’il est inquiétant de voir le Qatar investir de cette manière en France ? Les tensions dans la péninsule arabique peuvent-elles continuer à monter ? Quelle position la France doit-elle adopter ?


Pour poser vos questions à Marie-Aline Méliyi et ses invités, rendez-vous sur Facebook ou sur Twitter avec le #24henquestions.

Les invités :


Pascal BONIFACE

Directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques


Jérôme JESSEL

Auteur « La face cachée du foot business »


Hala KODMANI

Journaliste à Libération


Antoine BASBOUS

Politologue, dirigeant de l'Observatoire des Pays Arabes

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