L'Unesco rappelle à l'ordre Donald Trump après ses menaces de frapper des sites culturels en Iran

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Iran - Etats-Unis : l'inquiétante escalade

PATRIMOINE - Après les menaces de Donald Trump contre les sites culturels en Iran, l'Unesco a tapé du poing sur la table. L'organisation onusienne a rappelé lundi que les États-Unis se doivent de protéger le patrimoine mondial puisqu'ils avaient "ratifié deux conventions" - de 1954 et 1972 - sur la protection des biens culturels.

Les menaces de Donald Trump ne plaisent pas du tout à l'Unesco. Deux jours après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué par une frappe aérienne menée et revendiquée par les États-Unis à Bagdad jeudi, le président américain avait menacé ouvertement le régime iranien. Il a averti que les États-Unis avait sélectionné 52 sites en Iran et les frapperont "très rapidement et très durement" si la République islamique venait à attaquer du personnel ou des sites américains.

Certains de ces sites iraniens "sont de très haut niveau et très importants pour l'Iran et pour la culture iranienne", a souligné le milliardaire sur son compte Twitter. Si l'Iran se livre à des représailles anti-américaines comme il a menacé de le faire, "ces objectifs et l'Iran lui-même SERONT FRAPPES TRÈS RAPIDEMENT ET TRÈS DUREMENT", a-t-il prévenu sur le réseau social. "Les États-Unis ne veulent plus de menaces !" Le chiffre de 52, annoncé par Donald Trump, correspond au nombre d'Américains qui avaient été retenus en otages pendant plus d'un an à partir de la fin de 1979 à l'ambassade des États-Unis à Téhéran.

Malgré le tollé provoqué en Iran comme aux États-Unis où on l'accuse de vouloir perpétrer un "crime de guerre", le président américain a réitéré ses propos polémiques dimanche à bord d'Air Force One sur le trajet du retour de ses vacances en Floride. "On leur permet de tuer les nôtres. On leur permet de torturer et de mutiler les nôtres. On leur permet d'utiliser des bombes pour faire exploser les nôtres. Et on n'a pas le droit de toucher leurs sites culturels ? Ça ne marche pas comme ça", a-t-il déclaré à des journalistes. 

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De nouvelles menaces qui lui ont valu un rappel à l'ordre de l'Unesco, que Donald Trump a quitté fin 2018 en raison de "l'accumulation des arriérés" de l'institution spécialisée des Nations unies, "la nécessité d'une réforme en profondeur de l'organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants". Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur iranien Ahmad Jalali, la directrice générale de l'organisation onusienne, Audrey Azoulay, a rappelé ce lundi 6 janvier que les États-Unis avaient "ratifié ces deux conventions" en 1954 et 1972, sur la protection des biens culturels et du patrimoine mondial.

"La Convention de 1972 prévoit notamment que chacun des États parties s'engage à ne prendre délibérément aucune mesure susceptible d'endommager directement ou indirectement le patrimoine culturel et naturel qui est situé sur le territoire d'autres États parties à cette convention'", souligne l'institution des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture dans son texte transmis à la presse. La directrice générale de l'Unesco "a également rappelé les termes de la résolution du Conseil de Sécurité 2347 adoptée à l'unanimité en 2017, qui condamne les actes de destruction du patrimoine culturel."

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Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif avait justement établi un parallèle entre les menaces de Trump et le groupe État islamique en Syrie. "Un rappel à ceux qui hallucinent en rêvant d'imiter les crimes de guerre de l'EI en ciblant notre héritage culturel : durant des millénaires au cours de notre histoire, des barbares sont venus et ont ravagé nos villes, rasé nos monuments et brûlé nos bibliothèques", avait-il tweeté. "Où sont-ils aujourd'hui ? Nous sommes toujours là." D'autres comparaient ces menaces à la destruction, par les talibans en mars 2001, des bouddhas géants de Bamiyan en Afghanistan.

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