Frappes chimiques à Khan Cheikhoun : ça chauffe entre les États-Unis et la Russie

DIPLOMATIE - Une semaine après l'attaque chimique qui a fait 86 morts, dont 27 enfants, dans une ville syrienne, de nombreux responsables américains ont multiplié mardi les pressions sur la Russie, qui soutient la régime syrien de Bachar Al-Assad accusé d'avoir conduit le raid aérien meurtrier. Récap' en quatre actes.

Les tensions n'en finissent pas de monter entre les États-Unis et la Russie autour du dossier syrien, une semaine après la frappe chimiques qui a fait 86 morts, dont 27 enfants, et plus de 160 blessés, dans la ville de Khan Cheikhoun. En une seule journée, marquée par la réunion du G7 en Italie - dont la Russie est exclue - puis par l'arrivée à Moscou du secrétaire d'État américain Rex Tillerson, ce dernier et d'autres responsables américain ont mis en cause à plusieurs reprises la Russie, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad.

Acte 1. L'ultimatum de Rex Tillerson à la Russie

"Rejoignez la cause des États-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l'Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad", a déclaré le secrétaire d'État américain Rex Tillerson lors d'une réunion du G7 à Lucques, en Toscane, avant de partir pour Moscou, où il doit rencontrer mercredi son homologue russe Sergueï Lavrov.


"Il ne fait aucun doute à nos yeux que le règne de la famille Assad touche à sa fin [...] car des actes comme l'attaque chimique de la semaine dernière lui ôtent toute légitimité", a ajouté le chef de la diplomatie américaine. "Nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire".

Acte 2. Le haut fonctionnaire américain qui accuse la Russie de complicité sur l'attaque chimique

Peu après l'arrivée de Rex Tillerson à Moscou, un haut responsable américain s'est demandé, sous couvert d'anonymat et cité par l'AFP : "Comment est-ce possible que leurs forces (russes, ndlr) se trouvaient dans la même base que les forces syriennes qui ont préparé, planifié et mené cette attaque (...) et ne l'aient pas su à l'avance ?" Et d'ajouter : "Nous pensons que c'est une question que nous devons poser aux Russes."


Ce même responsable avait révélé dans le même temps que Washington enquête sur une possible complicité de la Russie dans l'attaque chimique de Khan Cheikhoun. Un autre haut responsable de l'administration américaine a accusé Moscou de 

"semer la confusion dans le monde" sur le rôle du régime syrien dans cette attaque chimique.

Acte 3. Pour le ministre de la Défense américain, "pas de doute" que le régime syrien est responsable de l'attaque chimique

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a ensuite estimé qu'il n'y avait "pas de doute" que le régime syrien était responsable de l'attaque chimique du 4 avril. "Il n'y a pas de doute que le régime syrien est responsable de la décision d'attaquer et de l'attaque elle-même", a déclaré M. Mattis lors d'une conférence de presse.


"Une réponse militaire mesurée était ce qu'il y avait de mieux pour dissuader le régime" de lancer une autre attaque de ce type, a fait valoir l'ancien général à propos de la frappe punitive des Etats-Unis lancée après l'attaque chimique. Pour autant, la stratégie des Etats-Unis en Syrie reste la même, selon le ministre. "Vaincre le groupe djihadiste Etat islamique reste la priorité", a-t-il souligné.

Acte 4. Bachar Al-Assad a fait pire qu'Adolf Hitler, selon le porte-parole de la Maison Blanche, qui ensuite s'excuse

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a enfin déclaré que le président syrien Bachar al-Assad avait fait pire qu'Adolf Hitler en utilisant des armes chimiques. "Pendant la Seconde guerre mondiale, on n'a pas utilisé d'armes chimiques. Une personne aussi abjecte qu'Hitler n'est même pas tombée aussi bas que d'utiliser des armes chimiques", a-t-il affirmé. "La Russie doit se demander si c'est un pays avec lequel elle veut s'aligner".


Une déclaration très critiquée. Le centre Anne Frank aux Etats-Unis a immédiatement appelé Donald Trump à limoger son porte-parole. Appelé à préciser sa pensée par une journalistes quelques minutes après, il a ajouté à propos des armes chimiques : "En ce qui concerne le gaz sarin, il n'a pas utilisé de gaz sur son propre peuple de la même façon qu'Assad (...) Je 

sais qu'il les a apportées dans les centres d'Holocauste. Mais je parle de la façon dont Assad les a utilisées, quand il est allé dans les villes et les a lâchées sur des innocents, au milieu des villes... Merci de la clarification".


Quelques heures après ces déclarations, Sean Spicer a finalement tenu à présenter ses excuses. "En toute franchise, j'ai fait par erreur un commentaire inapproprié et manquant de sensibilité au sujet de l'Holocauste et il n'y a aucune comparaison". "Pour cela, je présente mes excuses. C'était une erreur de faire cela", a-t-il ajouté.

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