Frappes en Syrie : ce que l'on sait de l'opération militaire menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni

GUERRE - Les trois pays ont lancé dans la nuit de vendredi à samedi des frappes aériennes contre plusieurs cibles syriennes, en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma. L'opération est terminée et aucune nouvelle frappe n'est prévue dans l'immédiat.

Dans un raid conjoint, les États-Unis, la France et de la Grande-Bretagne ont bombardé plusieurs cibles militaires en Syrie, contre le régime de Bachar Al Assad, dans la nuit de vendredi à samedi. Des missiles lancés en réaction aux attaques chimiques survenues le 7 avril dernier dans le quartier de Douma dans la Ghouta orientale et que les alliés attribuent au régime syrien. 

Quelles sont les forces alliées engagées ?

A 3 heures du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, Donald Trump a annoncé avoir "ordonné à l'armée des Etats-Unis de lancer des frappes précises sur des cibles reliées à l'arsenal chimique du dictateur syrien Bachar Al-Assad". Une opération à laquelle la France et le Royaume-Uni ont pris part. Côté français, la France a tiré douze missiles. Neuf avions de chasse, cinq frégates de premier rang, et pour la première fois, des tirs de missiles de croisière navals ont été utilisés. Le raid aérien est parti de France. Londres a pour sa part impliqué quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, équipés de missiles Storm Shadow. Les États-Unis ont tiré des "types de munitions divers", dont des missiles de croisière Tomahawk. Selon Fox News, des bombardiers à long rayon d'action B-1 ont aussi été engagés.

Quelles étaient les cibles visées ?

Ce sont plus de 100 missiles qui auraient été lancés. Selon l'Elysée, les frappes françaises étaient "circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques".  Il s'agit d'un centre de recherche situé à Damas et deux sites de production et stockage, localisés dans la région de Homs. Les Britanniques ont indiqué avoir frappé un complexe militaire - une ancienne base de missiles - à 24 kilomètres à l'ouest de Homs, "où le régime est supposé conserver des armes chimiques". 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, "plusieurs bases militaires" et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles. La télévision d'Etat syrienne a pour sa part rapporté des "informations" selon lesquelles un "centre de recherches" dans le quartier de Barzé, dans le nord-est de Damas, avait été visé.Les alliés ont selon le Pentagone pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays. 

Comment a réagi la Russie, alliée du régime syrien ?

Le régime syrien a dénoncé ce samedi une "violation flagrante" du droit international. A la suite des frappes, sur Facebook, la présidence syrienne a publié une vidéo de de Bachar el-Assad entrant calmement dans ce qui semble être le palais présidentiel, avec le commentaire "Sabah al-Soumoud" (le matin de la résistance). Soutien indéfectible du régime de Damas, la Russie a vivement réagi : ces frappes reviennent à "insulter le président russe" Vladimir Poutine, a averti vendredi l’ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov. La Syrie, qui a résisté pendant des années à "une agression terroriste", a été frappée par l'opération militaire occidentale alors qu'elle avait "une chance d'avoir un avenir pacifique", a déclaré ce samedi le ministère russe des Affaires étrangères. Le Kremlin a annoncé samedi convoquer une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. 

Comment en est-on arrivé là ?

Dans un document, l'Elysée assure que plusieurs attaques chimiques ont été conduites sur le quartier de la Douma  le 7 avril dernier. Les images de ces enfants et de ces femmes présentant des symptômes d’exposition à un agent chimique dans les centres de soin de la Ghouta orientale ont été largement relayées et ont suscité une vague d'indignation internationale. Après plusieurs jours de discussion diplomatique et d'analyse d'éléments réunis par la France et ses alliés (des témoignages, photos et vidéos sur les réseaux sociaux), l'Elysée a estimé qu'il existait"un faisceau de preuves suffisant pour mettre en cause la responsabilité du régime syrien dans les attaques chimiques du 7 avril". Avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, la France a frappé, dans la nuit du 13 au 14 avril, les positions stratégiques du régime syrien. 

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