Frappes en Syrie : "scandale absolu", "crime de guerre", "insulte"... La Russie outrée par les actions occidentales

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COLÈRE - Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont conjointement mené des frappes aériennes sur la Syrie, dans la nuit de vendredi à samedi, en réponse à l'attaque chimique présumée menée par le régime de Bachar Al-Assad à Douma. La Russie, alliée indéfectible de Bachar Al-Assad, a vivement réagi.

Aux alentours de 3h30 ce samedi, des missiles ont été lâchés sur la Syrie. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont mené des frappes ciblées contre le pays pour punir le régime de Bachar al-Assad, accusé d'avoir mené des attaques chimiques sur le quartier de Douma dans la Ghouta orientale, le 7 avril dernier. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian a parlé d'une opération "légitime", "proportionnée et ciblée". Le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson, parle déjà d’une mission qui "semble très réussie". Mais du côté de Moscou, soutien indéfectible du régime de Damas, les réactions ne se sont pas fait attendre. 

Un crime de guerre a été commisAndreï Krassov, vice-président du Comité de Défense de la Douma

"Nos mises en garde n'ont pas été entendues", a estimé l’ambassadeur de Russie aux Etats-Unis, Anatoli Antonov, jugeant que ces frappes étaient une "insulte" au président russe Vladimir Poutine. Andreï Krassov, vice-président du Comité de Défense de la Douma, chambre basse du Parlement russe, lui, a décrié un "crime de guerre". "Ils ont une nouvelle fois violé le droit international en commettant un acte d'agression militaire contre un Etat souverain qui combat le terrorisme international. Un crime de guerre a été commis." "C'est un scandale absolu, une violation flagrante du droit international. C'est un pas vers un conflit à grande échelle (...) et cela ne peut en aucun cas bien finir", a renchéri le vice-président du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, Vladimir Djabarov.

Des frappes qui font le jeu des groupes terroristes"Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères

Au ministère des Affaires étrangères, la colère gronde aussi. Le président du comité des Affaires étrangères de la Douma, Léonid Sloutski, regrette ainsi que les frappes occidentales "sapent la lutte contre le terrorisme international et font le jeu des groupes terroristes". La porte-parole du ministère, Maria Zakharova, a pour sa part publié un long message sur les réseaux sociaux, dénonçant un coup "porté contre la capitale d'un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste". Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent "au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique", regrette-t-elle en faisant allusion au fait que les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie ont repris ces derniers mois une grande partie des territoires qui étaient tenus par les groupes rebelles.

Le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement, Konstantin Kosatchev, a pour sa part affirmé que la réponse de la Russie à ces frappes "ne devra pas être militaire, mais rester dans le domaine du droit". C'est donc en partant de ce raisonnement que la Russie a convoqué dans la matinée une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

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