Frégates Mistral : ce sera (bien) plus que 1,2 milliard d'euros

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FACTURE - L'histoire voulait que ce soit une opération blanche pour la France, qui n'aurait pas à payer de pénalités à la Russie. Mais au-delà des avances à rembourser pour les frégates non livrées, la France va devoir faire face à un certain nombre de frais annexes, révèle "Le Canard enchaîné".

L'annulation de la vente des deux frégates Mistral de la France à la Russie ne se réduira pas au simple remboursement de la somme engagée par Moscou. Pour Paris, la facture risque d'être bien plus salée...

En effet, au lieu des 1,2 milliard d'euros annoncés par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, la semaine dernière – qui correspondait au montant du contrat franco-russe –, il pourrait en coûter plus de 2 milliards d'euros. C'est ce qu'il ressort des calculs effectués par Le Canard enchaîné dans son édition de ce mercredi.

EN SAVOIR + >> Pourtant, c'était sûr, ça n'allait pas dépasser plus que le montant du contrat

Remboursements, restitutions, manques à gagner

L'hebdomadaire satirique a en effet ressorti son cahier d'additions. Et l'opération sera loin d'être blanche, contrairement à ce qu'avait voulu faire imaginer l'exécutif français. La facture se divise en 6 postes différents :

896 millions d'euros d'avance à rembourser à la Russie.

250 millions d'euros pour dédommager DCNS, le groupe industriel qui avait fait office de vendeur public dans l'opération et qui a pu dire adieu à sa marge dans l'affaire. L'Etat s'est engagé à la prendre en charge. Il lui en coûtera 350 millions d'euros, dont 100 millions déjà réglés.

200 millions d'euros pour la restitution à la Russie des équipements d'ores et déjà installés sur les deux Mistral et pour les travaux de remises en état des navires aux normes de l'Otan.

100 millions d'euros au titre du remboursement des frais d'adaptation maritime et de transports engagés par la Russie pour amener 32 de ses hélicoptères et aux navires, et au titre des frais de formation des marins russes appelés à manœuvrer le "Vladivostok" et le "Sébastopol".

5 millions d'euros par mois pour les frais d'entretien des deux frégates à Saint-Nazaire.

Enfin, 900 millions d'euros au titre des "manques à gagner". "Plus d'un demi-milliard" sur lesquels les groupes DCNS, Thales et Safran vont pouvoir s'asseoir, et au "moins 400 millions d'euros" en moins pour les chantiers de Saint-Nazaire.

Autant de frais qui font espérer que François Hollande a raison d'affirmer que les acheteurs de Mistral ne manquent pas.

EN SAVOIR +
>> François Hollande a-t-il bien fait de dire "niet" à la Russie ?
>> Finalement, ce sera pour l'Egypte !

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