Ces mystères qui entourent toujours la fuite de Carlos Ghosn

Près de 48 heures après l'annonce fracassante du départ de Carlos Ghosn du Japon, de nombreuses questions restent en suspens. Comment a-t-il pu sortir de ce pays ? Des hypothèses plus ou moins vraisemblables ont été évoquées.
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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

OPÉRATION EXFILTRATION - La fuite rocambolesque de Carlos Ghosn est entourée de mystères : comment l'ancien patron de Renault-Nissan, qui est depuis le 31 décembre au Liban, a-t-il voyagé ? Avec quels documents, et y a-t-il eu des complicités ? Eléments de réponses en attendant la prise de parole du magnat déchu de l’automobile, mercredi 8 janvier.

Carlos Ghosn a entamé son année 2020 à Beyrouth après une fuite rocambolesque depuis le Japon. Les circonstances de son départ de Tokyo, où il est accusé de malversations financières et était assigné à résidence après 130 jours en prison, demeurent obscures. 

Alors que Carlos Ghosn était en liberté conditionnelle, soumis à un contrôle judiciaire strict, avec l'aide de quelles complicités  l'ancien homme d'affaires a-t-il pu prendre la tangente ? Saura-t-on, mercredi, lors de la conférence de presse que doit tenir le magnat déchu de l'automobile, par quel moyen de transport et en produisant quels documents ? 

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A-t-il voyagé dans une malle d'instrument ?

On sait que Carlos Ghosn a voyagé depuis le Japon jusqu'au Liban, via le Turquie. Rapidement, des médias libanais ont cru savoir qu'il avait voyagé caché dans la caisse de transport d'un instrument de musique après qu'un orchestre grégorien est venu jouer à son domicile japonais pourtant sous étroite surveillance : une information rapidement démentie par son entourage. Selon une source à la présidence libanaise, l'ex-patron de Renault-Nissan, âgé de 65 ans, a d'abord atterri en Turquie avant de rallier à l'aube le Liban, un des trois pays dont il est ressortissant, avec la France et le Brésil. 

Dans Le Parisien, Christophe Naudin, organisateur de l'extradition de deux pilotes impliqués dans l'affaire Air Cocaïne, estime qu'une telle fuite demande beaucoup de préparation avec un coût évalué à 250.000 euros. Une somme qui aurait pu servir à "assurer l'organisation et les frais de déplacements et de rotation au départ de petits aéroports locaux. Il me paraît certain qu'il a voyagé en passant par différents pays, sans prendre le risque de mettre le pied sur des territoires où il pourrait faire l'objet d'une extradition vers le Japon", précise ce spécialiste de l'aéronautique. 

Avec quels documents ?

Le ministère des Affaires étrangères libanais a expliqué que Carlos Ghosn était "entré légalement au Liban" tandis que la Direction générale de la sûreté générale a précisé qu'aucune mesure n'imposait "l'adoption de procédures à son encontre". Sauf que l'ancien homme d'affaires n'était en possession d'aucun de ses trois passeports, restés au Japon, avec ses avocats. Alors dès lors, comment a-t-il pu voyager sans documents d'identités officiels ? Une hypothèse plausible est celle que le grand voyageur qu'est Ghosn aurait pu détenir plusieurs passeports. Administrativement, ce n'est pas possible, toutefois "un second passeport peut exceptionnellement être délivré dans 2 situations : si votre passeport est immobilisé pendant une période de voyage ou si le passeport risque de faire apparaître des destinations incompatibles", peut-on lire sur le site de l'administration française. 

Selon une source à la présidence libanaise, le patron déchu de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est entré dans le pays en provenance de Turquie, avec un passeport français et sa carte d'identité libanaise, précise l'AFP. 

Des complicités ?

Dans les heures qui ont suivi la confirmation de la présence de Ghosn au Liban, l'entourage de Carlos Ghosn a bien confirmé à TF1 que l'ancien patron de Renault-Nissan avait "bénéficié de complicités". Dans un article, le Wall Street Journal évoque le rôle central que pourrait avoir joué sa femme, Carole ainsi que les deux demi-frères de cette dernière. La décision de quitter le Japon a été prise récemment, selon le quotidien américain : une équipe a organisé et mis en place cette fuite. De son côté, Le Monde affirme que c'est bel et bien la femme de l'ancien magnat de l'automobile qui a organisé cette fuite. 

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Un ancien procureur japonais soulève, sur Twitter, la possibilité que l'état libanais lui-même ait pu aider Carlos Ghosn. "Sans l'aide du gouvernement libanais, Ghosn n'aurait jamais pu réussir cette opération", estime-t-il. 

Dans une entrevue avec NikkanSports, il dit même être convaincu que Carlos Ghosn a bénéficié de privilèges diplomatiques. Il en veut pour preuve, la rencontre entre Carlos Ghosn et le président libanais dès son arrivée à Beyrouth. 

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