Fuite de Carlos Ghosn : que sait-on des deux spécialistes de l'exfiltration d'otages interpellés en Turquie ?

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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

PROFIL - C'est dans le plus grand secret que le patron déchu de Renault-Nissan a fui le Japon pour le Liban le 30 décembre dernier. Une opération menée par des experts en la matière, deux hommes spécialisés dans la libération et l'exfiltration d'otages. Voici ce que l'on sait de ces deux "barbouzes" qui ont rendu possible l'évasion de Carlos Ghosn.

Sa fuite a fait la Une des journaux du monde entier. Assigné à résidence depuis la fin du mois d'avril après 130 jours de prison, l'ancien patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn, poursuivi pour malversations financières, a fui le Japon et rejoint Beyrouth, au Liban, le 30 décembre dernier. 

Si l'ancien magnat de l'industrie automobile a assuré de son côté avoir organisé "seul" son départ pour le pays du Cèdre, le ministre de la Justice turc Abdülhamit Gül a indiqué samedi à la chaîne CNN Turk que deux étrangers étaient impliqués dans le transit via Istanbul de Carlos Ghosn.

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Bien que les autorités turques n'aient révélé aucun détail sur la nationalité ou le rôle des deux étrangers interpellés par les forces de l'ordre, le Wall Street Journal a fourni quelques informations sur leur profil. Selon le quotidien américain, leur nom figure notamment sur le registre de vol du jet privé Bombardier Global Express immatriculé TC-TSR qui aurait servi à l'exfiltration de Carlos Ghosn. 

Présentés comme des "barbouzes", ces individus seraient un Américain et un Franco-Libanais répondant respectivement aux noms de Michael Taylor et George-Antoine Zayek. C'est eux qui auraient caché l'ancien patron de Renault dans une caisse servant à transporter des instruments de musique.

Michael Taylor, rompu aux opérations spéciales

Le premier, Michael L. Taylor, né en 1960 à Staten Island, l'un des cinq arrondissements de New York, est un homme bien connu du domaine militaire. Toujours d'après le Wall Street Journal, il aurait ainsi servi pendant quatre années au sein des forces spéciales américaines mais aussi en tant que formateur des forces spéciales libanaises après l'intervention militaire israélienne au Liban de 1982. Il a également longtemps travaillé en Irak et en Afghanistan. Le quotidien américain indique en outre qu'il a fait 14 mois de prison pour obstruction à la justice et fraude. 

En 1994, il fonde l'American International Security Corp (AISC), qui emploie d'ex-militaires et d'anciens agents des services secrets.

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George-Antoine Zayek, expert des "environnements hostiles"

Concernant son associé, le Franco-Libanais George-Antoine Zayek, il s'agit d'un vétéran de la guerre civile libanaise reconverti dans le mercenariat, notamment en Irak et au Nigeria. Il est, précise le Wall Street Journal, spécialisé dans la libération et l'exfiltration d'otages et a beaucoup opéré au Mexique ces dernières années. Sur les sites de recherche d'emploi AngelList et Bayt, Zayek indique être un "security manager" et avance ses compétences dans le domaine de la "guerre", des "armes" et de "la sécurité dans les environnements hostiles".

Issu d'une famille de chrétiens maronites, George-Antoine Zayek est le petit frère d'Elias Zayek, combattant des Forces libanaises constituées durant la guerre du Liban. Ce dernier, devenu commandant de l'infanterie, avait été assassiné le 19 janvier 1990, vraisemblablement sur ordre de Samir Geagea, un commandant de ces mêmes Forces libanaises, qui a été condamné plus tard pour avoir commandité l'assassinat.

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