Fusillade à Las Vegas : rescapé du massacre, il se rend compte qu’il est le voisin de chambre du tireur

CAUCHEMAR - Venu à Las Vegas pour profiter du festival country avec des amis, Ralph Rodriguez était au milieu de la foule quand la fusillade a éclaté. Sain et sauf, il s’est rendu compte en rentrant à l'hôtel qu’il occupait la chambre située juste au-dessus de celle du tireur…

Cela devait être une soirée de fête et de danse pour Ralph Rodriguez. Ce consultant en informatique originaire des environs de Los Angeles était venu à Las Vegas avec une dizaine d’amis pour assister au festival de musique country Route 91 Harvest. Dimanche soir, peu après 22 heures (heure locale), il faisait partie des 22.000 spectateurs à applaudir le chanteur Jason Aldean pour la dernière prestation de l'événement. Et puis, la soirée a tourné au cauchemar.


"On a entendu comme des pétards, vers la droite de la scène", raconte Ralph à l’AFP. "On a vu les lumières s’éteindre sur la scène et le groupe partir en courant. Et là, tout le public s’est rué dans notre direction". A cet instant, l’atmosphère est "incroyablement chaotique", la foule court sans savoir où aller, incapable de localiser d’où viennent les tirs.

"Si vous pouvez tenir, tenez bon"

"On a vu des corps à terre. On ne savait pas s’ils étaient tombés ou s’ils avaient été abattus", se rappelle-t-il. "On a emmené des gens qui saignaient. On ne savait pas pourquoi. On n’a pas eu le temps de leur demander". Ralph se souvient aussi des mots glissés aux blessés. "On leur disait : "si vous pouvez tenir, tenez bon" et on continuait à avancer".


Parmi ses souvenirs douloureux, il retient aussi l’entraide au sein de la foule. "Ça a été horrible, mais tout le monde aidait tout le monde. J’ai vu des gens prendre des enfants qui n’étaient pas les leurs, j’en ai vu pousser les chaises roulantes de gens qu’ils ne connaissaient pas". 


Malgré l’intervention rapide des policiers pour diriger les gens vers la sortie, beaucoup ont préféré passer par-dessus les barrières de sécurité pour échapper aux tirs. "On a dû escalader une barrière haute de trois mètres", détaille le Californien. "On a utilisé les garde-fous pour escalader et on a commencé à jeter les gens par-dessus et à les rattraper de l’autre côté".

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Aujourd’hui, quand le vent souffle, ses rideaux se soulèvent et viennent frapper ma fenêtreRalph Rodriguez

De retour sain et sauf à son hôtel, Ralph Rodriguez n’en n’a pas fini avec ce cauchemar. Il découvre avec stupeur que "(sa) chambre était directement au-dessus de celle du tireur. Il était au 32e étage, chambre 134, et je suis au 33e étage, chambre 134". 


Protégé par un cordon de police, l’endroit depuis lequel Stephen Paddock a commis sa tuerie est facilement repérable. Il a cassé une vitre pour viser la foule en contrebas. "Aujourd’hui, quand le vent souffle, ses rideaux se soulèvent et viennent frapper ma fenêtre. C’est assez effrayant", confie Ralph, en remerciant Dieu pour avoir permis à chacun de ses amis de sortir vivant de ces instants d’horreur.

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