Las Vegas : l'étrange profil Stephen Paddock, retraité joueur devenu tueur de masse

FUSILLADE - Quatre jours après l'attaque qui a fait 58 morts lors d'un concert dans le Nevada, la personnalité de l'assaillant, Stephen Paddock 64 ans, n'en finit pas d'intriguer les enquêteurs américains. Retraité, voyageant peu et ne présentant pas, a priori, de conversion à l'islam, ce dernier avait notamment l’intention de survivre à son massacre selon de nouvelles preuves.

Adepte des casinos et retraité, Stephen Paddock n'avait pas le profil d'un tireur fou ou même d'un terroriste. Pourtant, dimanche soir à Las Vegas, cet homme de 64 ans a ouvert le feu lors d'un festival en plein air de musique country, faisant au moins 58 morts et 489 blessés. "Nous avons pu constater qu'il y avait un tireur aux étages du Mandalay Bay et en réponse à cela, nous avons pu l'abattre", avait d'abord déclaré à la presse Joe Lombardo, le shérif de Las Vegas, avant d'indiquer quelques heures plus tard que l'individu s'était donné la mort. 


Sans préciser laquelle, le chef de la police a depuis indiqué que les enquêteurs avaient mis la main sur une preuve montrant que l'assaillant avait l’intention de survivre à son massacre. Le comptable à la retraite, qui a fini par se suicider avant l’arrivée de la police, aurait pu vouloir prendre la fuite après la tuerie. 


L'auteur de la fusillade la plus meurtrière jamais perpétrée aux Etats-Unis, qui n'avait jamais eu affaire aux forces de l'ordre, menait une existence sans histoire dans un quartier calme et propret de Mesquite, petite ville du Nevada d'environ 18.000 habitants, à une centaine de kilomètres de Las Vegas. Ses voisins décrivent un homme discret, qui pouvait parfois, selon le Washington Post, se montrer grincheux. 


Stephen Paddock avait une compagne, Marilou Danley, Australienne d'origine philippine. Agée de 62 ans, cette employée de casino voyait en lui "un homme gentil, attentif, tranquille".  "Il ne m'a jamais rien dit" qui pourrait laisser entendre "que quelque chose d'horrible allait se passer", a-t-elle témoigné, alors qu'elle se trouvait aux Philippines au moment des faits. 


Deux semaines avant la tuerie, Stephen Paddock lui avait offert un "billet à bas prix" afin qu'elle puisse aller voir sa famille. Une fois aux Philippines, il lui a transféré de l'argent pour qu'elle s'achète une maison là-bas. "Reconnaissante", elle s'était toutefois demandé si "ce voyage inattendu" et cette somme n'étaient pas "une manière de rompre" avec elle.

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Las Vegas : 42 armes retrouvées dans la chambre d'hôtel et au domicile de Stephen Paddock

Totalement inconnu des services de police, la personnalité de Stephen Paddock intrigue autant que ses motivations restent floues. Terrorisme ? Folie meurtrière ? Les interrogations demeurent. Car, si dans un premier temps, Daech a revendiqué l'attaque, précisant que Paddock s'était converti à l'islam "il y a quelques mois", le FBI a déclaré n'avoir établi "aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international". 


Seule certitude : son attaque était minutieusement préparée. Les policiers ont retrouvé 23 armes de calibres différents, la plupart des fusils d'assaut, dans sa chambre d'hôtel. Certaines étaient équipées de lunettes et son véhicule contenait du nitrate d'ammonium, un engrais pouvant servir à fabriquer des explosifs. 


Insistant sur la préméditation d'une attaque "bien pensée", le shérif a par ailleurs relevé qu'il était "troublant qu'il ait été capable de déplacer autant de matériel sans assistance". À son domicile, un véritable arsenal, comprenant notamment des explosifs, a ensuite été découvert. Au total, pas moins de 42 armes ont été retrouvées. 

Mais pas de quoi faire de lui un "soldat" de Daech. Se refusant lui aussi à évoquer la piste djihadiste, le shérif de Las Vegas a indiqué que Stephen Craig Paddock s'apparentait plus à un "loup solitaire" et un "psychopathe". Il faut dire que son profil est, à première vue, très éloigné des recrues traditionnelles de l'organisation. Le sexagénaire, qui, selon son frère Eric Paddock, envoyait régulièrement des cookies à sa mère en Floride, n'avait en effet pas de "convictions religieuses" connues. 


Ancien comptable à l'abri du besoin, il était propriétaire de deux maisons récentes dans le Nevada - celle de Mesquite et une autre dans la périphérie de Reno. Il était possédait par ailleurs un brevet de pilote et un permis de chasse délivré par l'Etat d'Alaska. Une vie rangée. Seul accroc dans sa biographie, son père, Patrick Paddock, était un braqueur de banques recherché par le FBI dans les années 1960. Mais, toujours d'après Eric Paddock, il n'avait eu que peu de liens avec ses enfants.

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Tuerie de Las Vegas : la réaction du frère du tueur

Ce jeudi 5 octobre, le bilan s'établissait à 58 morts et 489 blessés. Les autorités ont indiqué que l'identification des victimes était toujours en cours. 

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