Fusillade dans un lycée de Floride : la colère s'exprime sur des "Panneaux de la vengeance"

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IMPACT - Trois panneaux rouges, affichés sur trois camions et inspirés du film "3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance" de Martin McDonagh, incriminaient ce vendredi le sénateur de Floride, Marco Rubio, suite à ses déclarations controversées sur la fusillade du lycée Parkland et à ses accointances avec la NRA. S'agit-il d'une nouvelle manière de demander justice ?

3 panneaux, un message controversé, une demande. La scène s'est déroulée à Doral en Floride, près du bureau du sénateur Marco Rubio. Les badauds ont pu apercevoir, les yeux en spirale, trois panneaux rouges installés sur trois camions : "Slaughtered in school" ("Abattus à l'école"), "And still no gun control ?" ("Et toujours pas de contrôle des armes ?"), "How come, Marco Rubio ?" ("Comment est-ce possible, Marco Rubio?"). 


Cela fait suite aux propos du sénateur de Floride laissant entendre que "les lois sur les armes n'auraient pas empêché Parkland" et au fait que, selon le New York Times, la NRA avait financé les activités politiques de Marco Rubio pour la modique somme de... 3,3 millions de dollars.

Derrière cette démarche consistant à fustiger l'hypocrisie et à démasquer le tartuffe, se cache un long métrage phénomène : 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance de Martin McDonagh, film primé aux Golden Globes et en lice pour les prochains Oscars dans lequel le personnage incarné par Frances McDormand, déséspéré par le fait que l'enquête sur la mort de sa fille n'avance pas, prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l'entrée de leur ville. Soit : "Raped while dying" (violée pendant son agonie), "And still no arrests" (et toujours pas d'arrestations), "How come, chief Willoughby?" (comment est-ce possible, chef  Willoughby?).

Au lieu de panneaux, ce sont présentement des camions qui sont ici utilisés pour dispenser un message avec le même fond rouge et les mêmes lettres noires en format Impact. 

Vers une nouvelle forme de contestation

On pourrait bien sûr étayer dans quelle mesure une oeuvre d'art a pu servir par le passé à ébranler les consciences. Mais ce qui vient de se produire en Floride avec le film 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance a quelque chose de très contemporain. D'autant qu'il ne s'agit pas là d'un cas isolé. 


Jeudi, une autre association a procédé de la même façon à Londres. "71 morts", “Et toujours pas d’arrestations ?”, “Comment c’est possible ?" : trois messages affichés par Justice 4 Grenfell (“Justice pour Grenfell"), réclamant que justice soit faite pour les survivants de l'incendie de Grenfell de l'été dernier à Londres. 


Les activistes se sont eux aussi inspirés de 3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance afin d'alerter sur le "manque de progrès" de l’enquête sur l’incendie de la tour Grenfell, en juin 2017. 

Sur son site, l'association s'insurge, de façon plus explicite : "Cela fait 8 mois que la tragédie de Grenfell Tower a eu lieu. Ce problème est ignoré. 71 personnes sont mortes. Et toujours pas d’arrestations. Et toujours 297 immeubles qui risquent un autre incendie. Et toujours des centaines de survivants sans maison. Et ils ne sont pas encore représentés dans l’enquête. Et justice n'a toujours pas été faite".

3 Billboards, Les Panneaux de la vengeance dépasse ainsi progressivement sa simple condition de "petit film qui fait le buzz", il pourrait bien devenir malgré lui un nouveau moyen de contestation. Une façon de réclamer justice, d'alerter de manière offensive.

Le geste est d'autant plus fort qu'en cette période marquée par le mouvement #MeToo, l’Académie des Oscars pourrait être tentée de célébrer ce rôle de femme forte (l’actrice s’est d’ailleurs inspirée de John Wayne) qui lutte pour que le meurtre de sa fille ne reste pas impuni. On peut ainsi y voir, tout simplement, une manière moderne de servir un héroïsme ancien : le combat de la vérité contre tous les profits.

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