Gabon : ce qu'il faut savoir sur Jean Ping, l'opposant d'Ali Bongo

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La crise qui secoue le Gabon

PORTRAIT - Les heurts se multiplient au Gabon depuis l'annonce de la victoire à la présidentielle du sortant Ali Bongo. Un résultat que conteste son rival Jean Ping, un ancien proche... d'Omar Bongo.

"C'est peut-être aussi parce qu'on a fait partie du système qu'on est une partie de la solution..." Durant ses meetings, Jean Ping n’a jamais manqué une occasion de rappeler sa proximité avec le pouvoir. Et pour cause : le candidat à la présidentielle gabonaise, qui conteste depuis mercredi la victoire d’Ali Bongo, a longtemps été un pilier du régime.  


Un Gabonais d’origine chinoise

Après avoir tenté en vain sa chance en France, le père de Jean Ping arrive au Gabon dans les années 1920. Cet homme originaire de Whenzou, dans le sud-est de la Chine, devient colporteur de bibelots à bord des paquebots faisant route vers l'Afrique. Il finit par s'installer à Port-Gentil. D'abord boulanger, il se lance dans la pêche industrielle pendant la Seconde Guerre mondiale avant de faire fortune dans le bois.


Un pur produit du régime

A partir des années 1980, Ping, patient et discret, devient l'un des hommes de confiance d'Omar Bongo. Directeur de cabinet du chef durant six ans (1984-90), il s’infiltre peu à peu au coeur du système. Jean Ping entre ensuite au gouvernement, où il n'obtient pas moins de six portefeuilles différents, dont celui des Affaires étrangères.


Un intime du clan Bongo

Jean Ping est lié à la famille Bongo sur un plan intime, puisqu'il a eu deux enfants avec Pascaline, la soeur d'Ali, qui fut longtemps l'argentière toute puissante des Bongo. Preuve de cette proximité, Hirmana Loïse Sassou Nguesso, la fille d'Omar Bongo et demi-soeur d'Ali, a posté dimanche un message sur son compte Facebook pour encourager le clan Bongo à admettre la victoire de Jean Ping.  

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PORTRAIT CROISES BONGO/PING

"A l’école, on m’appelait 'yeux de travers'"

Une notoriété internationale

Jean Ping a passé plusieurs années à l'étranger, à l’Assemblée générale des Nations unies (2004-2005), ou encore comme président de la commission de l’Union africaine (2008-2012). Il est réputé très proche des milieux d'affaires chinois. Son nom est cité dans de récents scandales présumés de corruption l'impliquant lui ou ses proches.


Des origines critiquées par ses opposants

Le régime essaie de le discréditer par tous les moyens. Le quotidien national l'Union le surnomme volontiers "le bridé" ou "le Chinetoque". Des attaques qui n’étonnent plus le principal intéressé  "A l’école, on m’appelait “yeux de travers”, confiait-il cet été au Monde. On était trois métis dans le village. Deux Blancs et moi. Le métis en Afrique est vu comme l’homme “entre deux mondes”. Tu es chinois ! me disait-on. Mais je ne parle pas mandarin. Ma langue, c’est le français."

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