Gabon : Jean Ping s'autoproclame "président"

L'opposant gabonais Jean Ping, qui conteste la réélection du président sortant Ali Bongo, s'est proclamé "président de la République", vendredi 2 septembre. Il a renouvelé son appel à un recomptage des voix, bureau de vote par bureau de vote.

"Le monde entier connaît qui est le président de la République : c'est moi, Jean Ping". Alors que le Gabon est en proie à des émeutes qui ont fait au moins cinq morts, depuis l'annonce de la réélection contestée d’Ali Bongo, l'opposant s'est autoproclamé, vendredi 2 septembre au soir, "président élu". C'est sa première déclaration depuis la proclamation de la victoire du président sortant.

"En tant que président élu, je suis naturellement très préoccupé par la situation de notre pays qui évolue vers un chaos généralisé", a lancé l'opposant, bravant implicitement le président sortant, qui avait revendiqué jeudi sa légitimité. "Aussi j'en appelle à la responsabilité des uns et des autres, afin que le pays retrouve le chemin de l'apaisement", a ajouté Jean Ping, lors d'une conférence de presse à son domicile de Libreville. 

Rétablir "la vérité des urnes"

Jean Ping a, une nouvelle fois, réclamé un recomptage des voix : "Je sais que l'apaisement ne peut survenir que si la vérité des urnes (...) est rétablie et respectée sur la base du comptage des voix, bureau de vote par bureau de vote". Une exigence, a-t-il rappelé, formulée par "le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union européenne, l'Union africaine, la France et les Etats-Unis".

Le pouvoir gabonais, de son côté, refuse ce recomptage, invoquant la loi électorale du pays qui ne prévoit pas cette procédure. Transports paralysés, pénurie de pain et de produits frais, pillages... La tension est extrême : depuis le début des troubles, mercredi, cinq personnes ont été tuées dans ce pays où règne, désormais, une ambiance insurrectionnelle.

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