Chaos au Gabon après la réélection de Bongo

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EMBRASEMENT - Après la réélection du président gabonais Ali Bongo, des affrontements ont éclaté entre forces de l'ordre et opposants, venus réclamer son départ, dégénérant en une journée et une nuit de violence. Suivez la situation en direct.

La communauté française prudente

La France, ex-puissance coloniale au Gabon, a quelque 14.000 ressortissants dans ce pays, selon le Quai d'Orsay. Les Français ont été appelés à rester chez eux.

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Crise au Gabon : les résidents Français invités à rester chez eux

Les forces de sécurité gabonaises quadrillaient jeudi Libreville après une nuit de pillages et d'émeutes meurtrières. Des pillages étaient toujours en cours à la mi-journée dans des quartiers populaires de la capitale, selon la police.

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Gabon : les images des dégâts après les pillages à Libreville

Des arrestations par centaines

"Sur Libreville, il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays", a déclaré le ministre gabonais de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, lors d'une brève conférence de presse tenue jeudi à l'issue de l'allocution du président Ali Bongo au palais présidentiel.


La mise en garde d'Ali Bongo

"La démocratie s'accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement et de la télévision nationale", a déclaré le président du Gabon. Le président sortant s'exprimait lors d'une courte déclaration à la presse au palais présidentiel, après 24 heures de troubles dans plusieurs villes du pays depuis l'annonce de sa réélection par la commission électorale.

François Hollande dit "sa profonde inquiétude" et "condamne les violences"

 Dans un communiqué, le chef de l'Etat a réagi sur la situation à Libreville, et a fait part de "sa profonde inquiétude" et "condamne les violences". Il a appelé "toutes les parties à la retenue et à l'apaisement, ce qui suppose un processus garantissant la transparence sur les résultats du scrutin".


Vague d'arrestation à Libreville

Plus de 200 pillards ont été arrêtés depuis mercredi à Libreville, a annoncé jeudi à l'AFP le commandant de la police nationale gabonaise. "Nous avons arrêté plus de 200 pillards depuis hier soir. Ils sont dans les locaux de la police judiciaire mais aussi dans les commissariats de la ville. Les pillages continuent maintenant dans les quartiers populaires", a affirmé à l'AFP le commandant en chef de la police nationale, Jean-Thierry Oye Zue. 





La France inquiète

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est montré particulièrement inquiet au sujet du déroulement des événements au Gabon. 

Jean Ping sur LCI

Interviewé quelques heures après l'attaque de son quartier général par les forces de l'ordre, l'opposant à Ali Bongo s'est confié au micro de LCI : "Je suis attaqué, caillassé, menacé de partout". 

Le QG de Jean Ping attaqué

La situation chaotique est toujours de mise à Libreville. Le quartier général de Jean Ping a été attaqué par la garde républicaine, force de police fidèle au président Bongo. Vers 1h du matin heures locales, "ils ont bonbardé par hélicoptères puis ont attaqué au sol", a commenté à distance le candidat malheureux à la présidentielle, qui déplore deux morts "de source sûre" et plusieurs blessés. Le gouvernement a justifié l'attaque comme une réplique contre "les criminels" qui ont incendié l'Assemblée. 

L'Assemblée nationale en flammes

Dans la soirée, les partisans de Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle du Gabon face à Ali Bongo, ont mis le feu à l'Assemblée nationale, à Libreville, la capitale du pays. Un journaliste de l'AFP présent sur place "un panache rouge" s'échappant du palais parlementaire.




Des manifestations réprimées

Peu de temps après l'officialisation des résultats, les anti-Bongo sont descendus dans la rue. Aux cris de "Ali doit partir", ils ont défilé, réclamant le recomptage des bulletins de vote. Rapidement, la manifestation s'est transformée en émeute, les forces de l'ordre réprimant violemment l'expression de la contestation et bloquant la circulation.

Un scrutin ultra-serré

Mercredi 31 août, le ministère de l'Intérieur gabonais a proclamé la victoire d'Ali Bongo au deuxième tour de l'élection présidentielle. Des résultats contestés par l'adversaire de Bongo Jean Ping, ex fidèle du défunt dictateur Omar Bongo. Ali Bongo, fils de ce dernier, l'aurait emporté avec un total de 5594 voix sur 627.805 voix.




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