Garde d'enfants : trois pères français retranchés sur un monument à Londres

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FAMILLE – Des pères de famille sont retranchés depuis ce mardi matin au sommet de la Porte d'Apsley, à Londres, pour protester contre le système discriminatoire des gardes d'enfants. Parmi eux se trouvent trois Français. Cette première action commune avec des Britanniques vise à "internationaliser le combat".

Ils ont grimpé au sommet de la Porte d'Apsley, à Hyde Park dans le centre de Londres, aux alentours de 5h30 du matin mardi. Un groupe de militants, dont trois Français, protestent contre le "système judiciaire matriarcal" qui éloigne les pères de leurs enfants lors d'une séparation. L'un d'entre eux, Jean Le Bail, est un papa habitué à ces coups d'éclats. Il avait notamment grimpé sur une terrasse de la cathédrale d'Orléans en mai 2013. "En France comme en Angleterre, on n'arrive pas à faire respecter les droits des pères et leur permettre de maintenir des relations avec leurs enfants à la suite d'une séparation", nous explique-t-il par téléphone.

"Internationaliser le combat"

Les trois pères français se sont ainsi joints à deux autres britanniques (ainsi qu'une mère de famille), militants de l'association New Fathers 4 Justice, pour une action commune. Ils ont reçu le soutien de la Grue Jaune, un collectif français né en 2013 après qu'un père de famille s'est réfugié pendant quatre jours sur une grue à Nantes , dont l'objectif est de mettre fin à "la discrimination à l’encontre des pères concernant la garde des enfants dans les cas de divorce". "Le but de cette action commune est d'internationaliser le combat", nous explique son porte-parole, Philippe Veysset.

Le projet de loi pour l'égalité hommes-femmes , adopté cet été, n'a pas calmé l'ardeur de ces papas. "Le texte est trop timide", tance le porte-parole de la Grue jaune. "La justice ne fait rien pour protéger les liens entre les enfants et les pères, assure de son côté Jean le Bail. On nous parle d'autorité parentale conjointe au moment du divorce mais c'est une hypocrisie totale : comment exercer une autorité parentale quand on ne voit pas du tout ses enfants ?", s'insurge-t-il. Séparé en 2007 de la mère de ses deux enfants, il reproche à la justice française d'avoir "rompu les liens" avec ses filles. "Lorsque je me présentais au domicile de mon ex-épouse, une fois sur deux, personne n'était là. Aujourd’hui, je n'ai plus du tout de contact avec mes filles. J'ai appris que j'étais grand-père... je ne sais pas si je verrai un jour mon petit-fils", se désole-t-il.

Les militants ont prévu de rester sur le monument londonien "le temps qu'il faudra". La police britannique est déployée au pied de l'édifice depuis ce mardi matin.

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