Génocide arménien : la Turquie fait un geste

Génocide arménien : la Turquie fait un geste

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TURQUIE - Le premier ministre turc a présenté mercredi dans un communiqué ses "condoléances" aux descendants des victimes du génocide arménien de 1915. Une "évolution incontestable", selon un spécialiste du pays joint par metronews, bien que le mot génocide n'ait pas été prononcé.

C'est un geste très symbolique dans les relations tumultueuses entre l'Arménie et la Turquie. Pour la première fois mercredi, le Premier ministre turc s'est s'exprimé ouvertement sur la question du génocide arménien, en présentant ses "condoléances" aux "petits-enfants" des victimes de ce drame. Recep Tayyip Erdogan a souligné dans un communiqué qu'il s'agissait d'un "devoir humain de comprendre et de partager la volonté des Arméniens de commémorer leurs souffrances pendant cette époque".

La date de l'annonce ne doit rien au hasard : c'est jeudi qu'ont lieu un peu partout dans le monde les commémorations de ce tragique événement que de nombreux pays, dont la France, reconnaissent comme un génocide. Le terme est toujours rejeté par la Turquie. Et pourtant : le 24 avril 1915 les autorités ottomanes arrêtaient les principaux notables et intellectuels arméniens du pays. Au total, 1,5 million d'Arméniens périront entre 1915 et 1917, selon l'Arménie et de nombreux historiens.

"La Turquie doit aller plus loin"

Pour Didier Billion, directeur adjoint de l'Institut de relations internationales et stratégiques, la déclaration d'Erdogan représente "une évolution incontestable, bien que le mot génocide n'ait pas été prononcé". "Depuis une dizaine d'années la question arménienne n'est plus taboue au sein de la société civile turque", observe ce spécialiste du pays. "C'est peut-être une tactique d'Erdogan pour calmer le jeu à la veille des commémorations, qui ont aussi lieu en Turquie ce jeudi. Mais c'est peut-être aussi un prélude à la relance des discussions avec l'Arménie..."

Contactée par metronews, la députée marseillaise Valérie Boyer, à l'origine de la loi de 2012 condamnant la négation du génocide arménien mais censurée par le Conseil constitutionnel, estime pour sa part que "la Turquie doit aller plus loin dans la reconnaissance du génocide." Pour l'élue UMP, "l'Union européenne devrait aussi se saisir de la question" et François Hollande "tenir sa promesse". Il y a deux ans, l'actuel Président avait affirmé sa volonté de faire voter une nouvelle loi pénalisant la négation de l'événement. Elle se fait toujours attendre...

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