La France et le Rwanda ont "l'opportunité de bâtir une bonne relation", assure Paul Kagame

Le président rwandais Paul Kagame accueilli à Paris par son homologue français Emmanuel Macron, le 17 mai 2021.

NORMALISATION - En visite à Paris, lundi 17 mai, le président rwandais a évoqué l'assainissement des relations entre la France et le Rwanda, après plus de 25 ans de tensions liées au génocide des Tutsi en 1994.

Le sujet a empoisonné les relations entre Paris et Kigali pendant plus 25 ans. La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide des Tutsi du Rwanda en 1994, a même conduit à la rupture des relations diplomatiques de 2006 à 2009. Ces échanges distendus se sont réchauffés, depuis notamment la remise du rapport de la commission Duclert, publié en mars. Les historiens français ont conclu à des "responsabilités lourdes et accablantes" de Paris, soulignant "l'aveuglement" du président socialiste de l'époque, François Mitterrand, face au génocide au Rwanda, qui a fait plus de 800.000 morts. 

En visite à Paris, à l'occasion d'un sommet sur le Soudan, lundi 17 mai, puis un autre sur les économies africaines, le lendemain, le président rwandais Paul Kagame s'est félicité de ce "grand pas en avant". Les conclusions du rapport Duclert, corroborées quelques semaines plus tard par un rapport commandé par Kigali à un cabinet d'avocat américain, offrent à la France et au Rwanda "l'opportunité de bâtir une bonne relation", a-t-il déclaré dans un entretien à France 24 et RFI. "Je peux m'accommoder" des conclusions de ces travaux, a-t-il ajouté. "Nous pouvons laisser le reste derrière nous et aller de l'avant."

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Des excuses de la France ?

Sur la question des "excuses", que pourrait produire la France, à l'instar de la Belgique peu après le génocide, Kagame a estimé que cette décision revenait à Paris. "C'est une décision qui dépend de la France et de ce qu'elle estime être dans ses intérêts. Mais je ne demanderai jamais à quiconque de présenter ses excuses", a-t-il assuré, tout en soulignant qu'il "apprécierait" le geste.

Évoquant la question des suspects génocidaires présents sur le sol français, le président rwandais s'est félicité de l'arrestation de Félicien Kabuga, accusé d'être "le financier" du génocide, en mai 2020 près de Paris. Il a toutefois estimé que "davantage pourrait être fait" pour poursuivre d'autres suspects en justice. Il a notamment estimé qu'Agathe Habyarimana figurait "en tête de liste". Paris a toujours refusé d'extrader la veuve de l'ex-président rwandais, Juvénal Habyarimana, soupçonnée d'être impliquée dans le génocide, ce qu'elle conteste formellement. Une enquête la visant est ouverte à Paris depuis 2008.

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En visite dans la capitale, Paul Kagame s'est entretenu longuement avec son homologue français Emmanuel Macron. Les deux responsables "se sont félicités des derniers développements favorables et ont confirmé l'objectif d'aller encore plus loin dans la normalisation et l'approfondissement de la relation entre la France et le Rwanda", selon la présidence française.

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