VIDÉO - "Quand je monte sur un ring, j'oublie tout le reste" : au Ghana, les femmes enfilent les gants de boxe

VIDÉO - "Quand je monte sur un ring, j'oublie tout le reste" : au Ghana, les femmes enfilent les gants de boxe

MENTALITÉS - Au Ghana, la boxe est largement dominée par les hommes. Mais depuis peu, cette discipline attire aussi les filles. Une manière pour elles de combattre les stéréotypes, et de lutter contre les inégalités.

Elles ont décidé de se battre pour leur place dans la société. De monter un ring en pleine rue, prêtes à bloquer la circulation pour se faire entendre. "On organise ce combat de boxe ici pour prouver que les femmes peuvent boxer comme les hommes", lance Naa, entraineuse. Sous le regard des petites filles, Sarah, son élève, vient d'enfiler ses gants de boxe et va se battre contre un garçon. "Je me sens forte, j’ai confiance en moi. Quand je monte sur le ring, j’oublie tout le reste, je boxe… comme un homme, c’est tout", lâche-t-elle.

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"Qui veut essayer ?", questionne Naa. Ancienne boxeuse, la jeune femme veut porter la nouvelle génération sur le ring, prouver aux filles qu'elles ont les mêmes droits que les garçons. Il faut dire que le Ghana est une société encore très patriarcale où les inégalités sont nombreuses. "Ce que je viens leur dire, c’est que si elles veulent venir faire de la boxe, ma porte sera toujours ouverte parce que je veux les sortir de la rue", explique-t-elle.

L'importance de l'éducation

Quand cette pionnière a commencé, elles n’étaient que trois dans tout le pays à oser boxer et les compétitions internationales leur étaient interdites. Aujourd’hui, dans le quartier de Jamestown, connu pour ses nombreux boxeurs, les combats féminins figurent en bonne place sur les affiches. Et dans les salles de boxes, au milieu des colosses, de plus en plus de très jeunes filles n’hésitent plus à cogner.

Le sport, c’est aussi le moyen qu’a trouvé Naa pour convaincre ses protégées, des jeunes filles souvent très pauvres, de l’importance d'être éduqué. Dans un pays où quatre enfants sur dix n'atteignent pas le collège, elle répète inlassablement aux familles que l'école est la clé. 

"Quand j’étais petite, je ne suis pas allé à l’école comme beaucoup d’enfants, et encore aujourd’hui il y en a qui travaillent au lieu d’aller en classe, mais c’est bien les choses commencent à changer", raconte-t-elle. Avant de poursuivre : "Je voudrais construire une académie avec à la fois l’école et le sport. Comme ça tu pourrais devenir boxeur, mais aussi étudier pour devenir par exemple ingénieur. C’est ça mon rêve".

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Le rêve, c’est vrai est encore loin, mais son combat commence à porter ses fruits, car les mentalités évoluent. Un pas après l’autre le sport féminin entre dans les mœurs au Ghana. "Aujourd’hui, les femmes sont partout, tout ce que font les hommes, les femmes le font aussi. Avant par exemple, il n’y avait pas de femmes au parlement ou ministre, maintenant il y en a plein. Ce que les hommes font, les femmes peuvent le faire mieux", avance ainsi un entraîneur.

Dans sa salle d’entrainement, au-delà de la boxe, Naa tente aussi de guider ces jeunes filles, de les préserver des pièges de la rue. "Ici elle donne aux jeunes filles des bases sur lesquelles s’appuyer, pour se battre. Grâce à ça, elles sont moins tentées d’aller voir les hommes et de se prostituer", reconnaît une boxeuse. Le combat pour améliorer la condition des femmes est désormais entre les mains de la prochaine génération. 

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