Gilets jaunes en Belgique : le mouvement s'étend et reste perturbé par des casseurs

Gilets jaunes en Belgique : le mouvement s'étend et reste perturbé par des casseurs
International

HOOLIGANS - Les gilets jaunes bloquent un dépôts pétrolier vers Bruxelles ce jeudi. De son côté, le gouverneur de Hainaut, où des caillassages ont eu lieu, craint de nouvelles violences dans la nuit.

La mobilisation s'étend. Après avoir bloqué un dépôt pétrolier, géré par le groupe français Total, à Feuly, au sud de la Belgique, les "gilets jaunes" de l'autre côté de la frontière bloquent ce jeudi 22 novembre un dépôt à Bruxelles, qui avait jusque-là été épargnée. 

Car depuis le début de la semaine, les Belges font écho au mouvement des Gilets jaunes lancé en France. Il est arrivé en Wallonie, dans le sud du pays, par le biais de blocages réguliers de dépôts pétroliers, au point de perturber l'approvisionnement des stations-service. Mais mercredi soir, ce mouvement qui se veut pacifiste a été "infiltré" par ce que la police qualifie de "hooligans". En effet, selon RTL.be, les nombreux chants de supporters de football entonnés par les casseurs poussent les autorités à privilégier cette piste. 

Toute l'info sur

La colère des Gilets jaunes

Voir aussi

Vols avec violence, rébellion et port d'armes

Dans la nuit de mercredi à jeudi, de violents incidents ont eu lieu près du dépôt pétrolier qui avait été bloqué par les manifestants dans la journée. Ce qui n'étaient alors que de simples blocages se sont transformés en caillassages. Un camion-citerne a été incendié, des poteaux sciés, et des équipes de journalistes prises à partie. Les autorités relatent même qu'un poids lourd a été pillé. Le chauffeur du camion, d'origine roumaine, a été contraint d'ouvrir son chargement de chaussures de sport et a été "dévalisé", selon le parquet de Charleroi cité par l'AFP. Et plusieurs médias locaux racontent comment un hélicoptère de la police fédérale a été dévié de sa trajectoire par des casseurs qui utilisaient des rayons lasers pour aveugler le pilote. Une série de débordements jugés "inacceptables" par le Premier ministre belge, Charles Michel. 

Dans la nuit, 23 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue selon la même source judiciaire. Si l'enquête est en cours et les coupables risquent d'être entendus pour "vols avec violence", "rébellion" et "port d'arme prohibée", les autorités écartent la responsabilité des Gilets jaunes. Tommy Leclercq, gouverneur de la province du Hainaut où se trouve le dépôt pétrolier de Feluy a ainsi estimé dans le 13h de la RTBF que, sur les 400 manifestants qui se trouvaient sur place, "il y avait peut-être quatre ou cinq gilets jaunes".  Les membres de ce mouvement, qui reprennent cette information pour effacer les critiques, montrent également du doigt les "hoolligans de Charleroi".

Pour bien faire la différence entre les deux mouvements, les Gilets jaunes belges rappellent donc quelques règles sur Facebook. Ainsi, sur la page "Gilet jaune Belgique la voix du peuple", le créateur du groupe propose de "localiser" les responsables des casses et les "livrer aux forces de l'ordre". Quoi qu'il en soit, et alors que le gouverneur du Hainaut prévoit de nouveaux débordements, un "plan d'urgence" a été enclenché dans la zone à partir de 17h. "On demandera à ceux qui approchent Feluy de justifier de leur présence, si ce n'est pas justifié ils feront demi-tour", a ainsi indiqué Tommy Leclercq à la chaîne nationale  belge. Une réponse policière qui prendra des dimensions fédérales, puisqu'elle sera organisée directement en lien avec le ministère de l'Intérieur.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent