VIDÉO - Trump, Salvini, Erdogan, Poutine... Ils profitent de la crise des Gilets jaunes pour sermonner Macron

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La colère des Gilets jaunes

DIPLOMATIE - Alors qu'Emmanuel Macron est affaibli par la crise des Gilets jaunes, Donald Trump, Matteo Salvini ou encore Recep Tayyep Erdogan en profitent pour enfoncer un peu plus le président de la République française. Ce dimanche, plusieurs membres du gouvernement ont dénoncé "l'ingérence" dont certains chefs d'Etat étrangers font preuve, selon eux.

La crise des Gilets jaunes fait la Une de tous les médias étrangers. Pour le plus grand plaisir des adversaires politiques d'Emmanuel Macron à l'étranger, à commencer par ses homologues américain, italien ou turc. Samedi, Donald Trump a été le premier à tweeter qu'il s'agissait d'"un jour et une nuit très triste à Paris". "Peut-être qu'il est temps de mettre fin à l'accord de Paris, ridicule et extrêmement cher, et rendre l'argent aux gens en réduisant les impôts" avait continué le président américain sur son réseau social favori. L'Accord de Paris, dont il est lui-même sorti, est l'un de ses nombreux points de discorde avec le président français.

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Voyez un peu ce que font les policiers de ceux qui critiquaient nos policiers"- Recep Tayyip Erdogan

Emmanuel Macron s'étant positionné sur l'échiquier international comme un des champions du camp "progressiste" face à la montée des dirigeants illibéraux, ou hommes forts, ces derniers jubilent en commentant ses déboires face aux Gilets jaunes. "Le désordre règne dans les rues de nombreux pays européens, à commencer par Paris. Les télévisions, les journaux regorgent d'images de voitures qui brûlent, de commerces pillés, de la riposte des plus violentes de la police contre les manifestants" a raillé le président turc Recep Tayyip Erdogan. "Voyez un peu ce que font les policiers de ceux qui critiquaient nos policiers", a-t-il poursuivi.

Dans la même veine, le président russe Vladimir Poutine a appelé "les autorités parisiennes à s'abstenir de tout recours excessif à la force conformément aux principes de l'humanisme". En Iran, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bahram Qassemi, a déclaré : "Le gouvernement français ne peut pas persister dans la violence contre son peuple. Nous lui recommandons de faire preuve de retenue".

Matteo Salvini contre-attaque

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini se frotte lui aussi les mains. "La violence n'est jamais justifiée, mais qui sème la pauvreté, récolte les manifestations. Qui sème les fausses promesses récolte la réaction des périphéries et des campagnes", a-t-il déclaré face à ses partisans à Rome ce week-end.  "Macron n'est pas un problème pour moi, c'est un problème pour le peuple français", a-t-il également estimé.

Ce dimanche soir, le ministre italien en a remis une couche et a publié un tweet dans lequel il met côte à côte des messages de ses adversaires politiques italiens se réjouissant de la victoire d'Emmanuel Macron en 2017, et des images des affrontements et des émeutes qui ont eu lieu ces derniers samedis à Paris. "Combien de dégâts le PD (parti démocrate, ndlr) et les amis de #Macron ont-ils causés à notre beau pays ? Heureusement, les Italiens les ont, démocratiquement, chassé avec leur vote", a-t-il écrit en commentaire.

Buzyn et Le Drian leur demandent de s'occuper de leurs affaires

Sur LCI, ce dimanche 9 décembre, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a lourdement critiqué ces sorties, qu'elle assimile à de "l'ingérence" étrangère dans les affaires françaises. "Je suis hors de moi quand j'entends ces politiques extrêmes qui profitent de la situation au lieu d'espérer l'apaisement. (...) C'est de l'ingérence, c'est des gens qui profitent d'une situation pour justifier leur propre politique qui est anti-climat, totalitaire."  

Un peu plus tôt sur LCI, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'était lui aussi insurgé. Parlant plus précisément de Donald Trump, il avait déclaré : "Je dis à Donald Trump et le président de la République (Emmanuel Macron) le lui a dit aussi : nous ne prenons pas parti dans les débats américains, laissez-nous vivre notre vie de nation".

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