Grèce : ces patrons qui font pression sur leurs salariés pour voter oui

Grèce : ces patrons qui font pression sur leurs salariés pour voter oui

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GREFERENDUM – Les citoyens grecs doivent se prononcer dimanche sur le programme d'aide européen. Certains chefs d'entreprise n'hésitent pas à menacer directement leurs employés pour faire pencher la balance.

Jusqu'où peut-on aller pour défendre le "oui" au référendum grec ? Alors que les derniers sondages donnent une (très) légère avance aux défenseurs du "oui" au programme d'aide européen (44,8%, contre 43,4 % pour le "non"), de nombreux chefs d'entreprise ont pris le parti de se lancer dans une campagne agressive, quitte à menacer directement leurs salariés.

Des salaires suspendus par les entreprises

Pour faire pression, certains patrons visent ainsi directement le portefeuille. Selon les syndicats sur place, certaines entreprises ont annoncé qu'elles ne verseraient pas de salaire "jusqu'à nouvel ordre", arguant qu'elles n'étaient elles-mêmes pas sûres d'être payées par leurs fournisseurs si le non l'emportait dimanche. "Ce sont des pressions pour qu'on vote oui", raconte au Parisien l'employée d'un laboratoire d'analyses médicales d'Athènes.

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D'autres patrons iraient par ailleurs jusqu'à faire pression sur leurs employés pour qu'ils manifestent en faveur du "oui". "Dans certaines grandes entreprises, les employeurs ont poussé leurs salariés à participer à la campagne 'nous vivons en Europe', n'hésitant pas dans certains cas à menacer ceux qui ne seraient pas présents de licenciement", rapporte ainsi le Somt , association des ouvriers techniques. Sur Twitter, un ex-candidat du parti libéral Nouvelle Démocratie a lui expliqué que les salaires seraient versés à ceux qui viendraient manifester pour le oui. "Une blague", a-t-il reconnu plus tard, mais qui ne passe pas du tout dans l'opinion publique.

Le FMI défend le gouvernement grec

Pendant ce temps, les dirigeants grecs, eux, continuent leur campagne en faveur du "non", profitant parfois de soutiens inattendus. Dernier en date, celui du FMI. L'organisme international, créditeur de la Grèce au même titre que la BCE ou la Commission européenne, a en effet publié jeudi un rapport sur l'état des finances du pays , à contre-courant de l'avis des chefs d'Etat de l'UE. Selon ce document -qui met en cause la gestion d'Alexis Tsipras-, la seule solution pour assainir les finances grecques serait d'annuler purement et simplement 30 % de ce que doit le pays à ses créanciers. Précisément ce que demande Athènes depuis plusieurs mois. Mais il n'est pas sûr que les Européens, qui s'y refusent depuis le début, cèdent pour autant.

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