Grèce : François Hollande est-il le grand gagnant des négociations ?

Grèce : François Hollande est-il le grand gagnant des négociations ?

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GRÈCE – Le président français n'a pas tardé, lundi matin, à revendiquer le succès du plan de sauvetage de la Grèce.

Les Grecs peuvent respirer. Après 17 heures de négociations extrêmement tendues, leur Premier ministre, Alexis Tsipras, a finalement trouvé un terrain d'entente avec ses créanciers européens. L'accord, qui devra encore être validé par les Parlements de plusieurs pays, permet à Athènes d'éviter le “Grexit”, la sortie de la zone euro. Une issue dont s'est félicité François Hollande, qui n'a pas tardé à revendiquer le succès des négociations. Le Président a ainsi expliqué, lundi matin, que “cet accord, la France le cherchait, la France le voulait”, qualifiant également la décision d'“historique” et le choix d'Alexis Tsipras de “courageux”. Manuel Valls, de son côté, a assuré que c'était “grâce à la France et à François Hollande” que les négociations avaient trouvé une heureuse issue.

EN SAVOIR + >> Les points clés d'un accord à l'arraché

Dans cette affaire, le président de la République a le beau rôle. Il a été l'un des rares à défendre le maintien coûte que coûte de la Grèce au sein de la zone euro, un objectif pour lequel il s'est battu avec la dernière énergie alors que plusieurs Etats-membres, au premier rang desquels l'Allemagne, semblaient au contraire résolus au “Grexit”. La France n'a d'ailleurs ménagé aucun effort pour parvenir à ce résultat, puisque plusieurs experts de Bercy ont travaillé main dans la main avec Athènes afin de mettre au point le train de mesures qui devait être proposé aux créanciers.

Quels bénéfices pour François Hollande ?

François Hollande peut-il bénéficier personnellement de cette séquence grecque ? En France, sa cote de popularité pourrait en bénéficier. Selon le dernier sondage OpinionWay pour metronews et LCI, 59 % des personnes interrogées estiment que le chef de l'Etat “ne fait pas suffisamment entendre la voix de la France face à l'Allemagne”. En faisant valoir sa position face à Angela Merkel, il a donc répondu aux attentes de ses électeurs.

Reste à savoir quelles traces laissera cet accord en Europe. Officiellement, Paris et Berlin assurent que leur coopération a été “décisive” pour trouver un compromis. Mais les positions intransigeantes de chacun, qui ont manqué de faire échouer le compromis, montrent bien la ligne de fracture qui existe aujourd'hui entre les deux parties. Pour beaucoup d'observateurs, la défiance qui s'est installée pourrait affecter durablement les négociations européennes. S'il veut combler le fossé, François Hollande devra donc multiplier les gestes de bonne volonté à l'égard de son partenaire historique.

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