Grèce : le sort incertain des migrants du camp de Moria, parti en fumée

Grèce : le sort incertain des migrants du camp de Moria, parti en fumée
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AIDE - Une opération de sauvetage d'envergure est en cours ce jeudi dans le camp de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos, ravagé la veille par deux incendies qui n'ont pas fait de victime mais laissé des milliers de personnes sans abri.

Des milliers de migrants se sont retrouvés mercredi 9 septembre sans abri sur l'île de Lesbos après un énorme incendie ayant ravagé au petit matin Moria, le plus grand et sordide camp de réfugiés de Grèce, où un autre feu s'est déclaré en soirée. Selon le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, des demandeurs d'asile qui protestaient contre la quarantaine imposée après la détection de cas de Covid-19 sont à l'origine du sinistre qui n'a pas fait de victime.

Un ferry a été dépêché jeudi 10 septembre vers l'île de Lesbos pour héberger des migrants du camp de Moria. "Aujourd'hui, toutes les actions nécessaires seront prises pour abriter immédiatement dans un premier temps les familles et les personnes vulnérables", a assuré le ministère des Migrations. Deux bâtiments de la marine nationale grecque doivent aussi se rendre sur place pour augmenter la capacité d'hébergement, alors que la vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, est attendue pour une visite d'inspection. 

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12.700 demandeurs d'asile

La Protection civile grecque a déclaré "l'état d'urgence" à Lesbos, île de la mer Egée forte de 85.000 habitants et principale porte d'entrée des migrants en Grèce en raison de sa proximité avec la Turquie. Le camp hébergeait quelque 12.700 demandeurs d'asile, soit quatre fois sa capacité d'accueil, dont 4.000 enfants. 

La majorité des milliers de migrants, sortis en panique des tentes et des conteneurs dans la nuit de mardi à mercredi, se sont retrouvés assis au bord de la route reliant le camp au port de Mytilène, formant de longues files d'attente de trois kilomètres. Certains se sont réfugiés dans les champs d'oliviers environnants.

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L'Union Européenne prête à aider

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a fait part de sa "profonde tristesse", soulignant que l'UE se tenait "prête à aider". D'ores et déjà, la Commission européenne a annoncé qu'elle prenait en charge le transfert immédiat vers la Grèce continentale de 400 enfants et adolescents.

L'Allemagne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a demandé aux pays de l'UE d'accueillir des migrants du camp. Plusieurs milliers de personnes ont d'ailleurs manifesté spontanément mercredi dans plusieurs villes de ce pays pour exiger des autorités de prendre en charge des migrants.

Pour l'Autriche, "si nous vidons le camp de Moria, il se remplira de nouveau immédiatement", a fait valoir mercredi soir son ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg. Vienne va toutefois proposer un millions d'euros d'aides, par exemples pour acheter "des tentes et des couvertures" en Grèce, a-t-il ajouté.

"Un drame" pour Emmanuel Macron, le RN appelle à la "remigration"

La France s'est dite prête mercredi à "prendre sa part dans la solidarité". "L'incendie d'un camp à Lesbos est un drame supplémentaire pour des milliers de migrants déjà en situation de détresse. La France sera une nouvelle fois au rendez-vous de la solidarité avec la Grèce", a souligné ce mercredi Emmanuel Macron

Interrogé sur le sujet sur SudRadio, le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella a demandé jeudi que les migrants sur l'île de Lesbos en Grèce, victimes d'un énorme incendie, soient "reconduits vers leurs pays d'origine" dans des propos qui évoquent la "remigration", soit le retour des immigrés dans leur pays d'origine, prônée par le mouvement des identitaires. Il a souligné que l’incendie de Lesbos avait été "déclenché par des réfugiés du camp eux-mêmes".

Les ONG s'inquiètent de la situation. "De nombreuses personnes sont dispersées à des endroits sur l'île" où les ONG ne peuvent pas avoir accès, explique à l'AFP Giovanna Scaccabarozzi, employée de Médecins sans Frontières (MSF) à Lesbos, qui dit ressentir "détresse et désespoir". 

Ces dernières années, le camp de Moria a été décrié pour son manque d'hygiène et son surpeuplement par les ONG qui appellent régulièrement les autorités grecques à transférer les demandeurs d'asile les plus vulnérables vers le continent. 

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