Grèce : le Parlement accepte un 3e prêt malgré les divisions

Grèce : le Parlement accepte un 3e prêt malgré les divisions

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APPROUVÉ - Après un jour et une nuit de débat, le Parlement grec a approuvé le 3e plan négocié entre ses dirigeants et les créanciers du pays, ce vendredi 14 août au matin.

Le plan a finalement été adopté, après approbation par le Parlement grec, et ce malgré les divisions au sein du parti majoritaire Syriza, ce vendredi 14 août au matin. La Grèce va bénéficier d'un prêt de 85 milliards d'euros, échelonné sur trois ans, pour donner un coup de fouet à son économie. Mais d'abord, l'objectif consiste à rembourser un prêt de 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE).

Les nouvelles alliances de Syriza

Le débat aura duré un jour et une nuit. En cause, les lourdes divisions au sein du parti Syriza, arrivé au pouvoir en janvier dernier et fracturé en deux. D'un côté, les soutiens du Premier ministre, Alexis Tsipras, favorables à l'obtention du prêt depuis que les créanciers de la Grèce ont fait planer la menace d'un "Grexit" (sortie de la Grèce de la zone euro) si le pays ne satisfaisait pas à leurs exigences, quitte à voir Tsipras renoncer à ses engagements électoraux. De l'autre, ses contradicteurs, qui ne digèrent pas l'issue de la crise de juillet et ce qu'ils voient comme une reculade de leur leader face aux demandes des créanciers de la Grèce (soit le FMI, la BCE, la Commission européenne et le Mécanisme européen de stabilité).

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Résultat, Syriza a dû s'appuyer sur une alliance parlementaire inhabituelle. Ont ainsi apporté leurs voix les trois grands partis d'opposition : Nouvelle Démocratie (centre droit), le Pasok (centre gauche) et Potami ("La Rivière", libéral). Précisément les partis qui avaient organisé l'austérité frappant le pays depuis quelques années et contre lesquels les Grecs avaient propulsé Syriza au pouvoir.

La menace Schäuble toujours présente

Les discussions ont porté sur la nature des mesures d'austérité réclamées par les créanciers pour que la Grèce puisse obtenir ce prêt. Réforme du marché du travail, libéralisation des marchés de l'énergie, réforme du système fiscal et privatisations. Des mesures délicates pour le parti de gauche radicale qu'est Syriza, surtout quand un des créanciers, le FMI, pourtant partisan d'alléger la dette grecque, refuse toute hausse des impôts sur les plus aisés.

Mais ce n’est pas le bout du chemin. Adversaire résolu de Syriza, Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand et pièce centrale de l'Eurogroupe, a de nouveau fait part de ses doutes sur la capacité de la Grèce à mettre en place ces mesures. Cet après-midi, l'organe réunissant les membres de la zone euro doit se réunir pour valider à son tour ce nouveau train de réformes.

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