Grèce : les rebelles de Syriza créent leur propre parti, "Unité populaire"

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POLITIQUE - Issue de la gauche du parti de gauche radicale d'Alexis Tsipras, cette nouvelle formation politique, dirigée par l’ancien ministre de l’Energie Panagiotis Lafazanis et opposée au troisième plan de renflouement financier de la Grèce, est potentiellement la troisième force politique du Parlement grec, derrière la droite.

Syriza bat de l'aile (gauche). Au lendemain de la démission du Premier ministre grec de gauche radicale Alexis Tsipras et après l'annonce d'élections anticipées à l'automne, en partie en raison des divisions internes de sa formation politique, la fraction de l'aile gauche de Syriza a annoncé, ce vendredi 21 août, la formation d'un nouveau parti anti-austérité : "Unité populaire". 

Dirigée par l’ancien ministre de l'Environnement et de l’Energie Panagiotis Lafazanis (63 ans) du premier gouvernement Tsipras, cette nouvelle formation compterait 25 députés Syriza, tous opposés au troisième plan de renflouement financier de la Grèce négocié, puis approuvé vendredi 14 août, selon la presse grecque . Ils auraient signé la lettre annonçant le lancement d'Unité populaire et sont issus de 13 organisations de la gauche radicale grecque. "Ce Front est, par conséquent, le premier résultat concret d'une recomposition au sein de la gauche radicale grecque", souligne sur son compte Facebook Stathis Kouvelakis, jusqu'à présent membre du comité central de Syriza, et professeur de philosophie politique au King's College de Londres. 

"L'expression politique du Non"

Pour l'universitaire, "l'objectif du front est de constituer l'expression politique du Non", autrement dit de matérialiser le "Non" sorti victorieux du référendum du 5 juillet sur les réformes pro-austérité, avec des mesures aux antipodes des recettes de la troïka, comme la nationalisation de certains secteurs stratégiques ou l'annulation de la majeure partie de la dette grecque. "Ces objectifs ne peuvent être réalisés sans sortir de la zone euro, comme la récente catastrophe l’a abondamment démontré, et sans rompre avec l'ensemble des politiques institutionnalisées par l'UE", ajoute Stathis Kouvelakis.  

Mais que pèse réellement cette nouvelle formation politique sans l'appui – pour l'instant – de Yanis Varoufakis, ancien ministre des Finances de Tsipras, poussé à la démission après le référendum du 5 juillet, ou de Zoé Konstantopoulou, la présidente du Parlement ? L'effectif de 25 députés fait en tout cas de cette formation la potentielle troisième force du Parlement jusqu'aux élections, derrière le parti de droite Nouvelle Démocratie et devant les partis néonazi Aube dorée ou centriste To Potami. "Le programme du parti et l’ensemble de ses soutiens, parmi lesquels des personnalités de la gauche grecque, ce qui devrait être assez impressionnant, seront rendus publics en début de semaine prochaine", écrit encore Stathis Kouvelakis.   Une option politique de plus pour les Grecs, appelés aux urnes à l'automne – peut-être le 20 septembre – pour la cinquième fois en six ans. 

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