Guerre d’ego, démission et nominations : rien ne va plus à la Maison-Blanche (mais elle fait comme si)

DU RIFIFI SUR LA LIGNE – Sean Spicer, le porte-parole de Donald Trump, a démissionné ce vendredi après la nomination d’un financier au poste de directeur de communication. Un nouveau coup dur pour le Président qui devrait multiplier les rivalités déjà bien présentes à Washington, selon les médias américains.

"Circulez, il n’y a rien à voir". Ce sont en substance les premiers mots officiellement prononcés par Anthony Scaramucci, nouveau directeur de la communication de la Maison-Blanche, lors de sa première intervention face à la presse, vendredi 21 juillet. "Je veux faire en sorte que notre modèle culturel soit de promouvoir le programme du président avant toute chose. S'il y a des petites frictions à l'intérieur de la Maison-Blanche à cause de cela, ce n'est pas grave". "Le navire va dans la bonne direction", a-t-il insisté après avoir fait part de la nomination de Sarah Sanders au porte-parolat de Donald Trump.


Le navire semblait pourtant bien amoché quelques heures plus tôt par un jeu de chaises musicales assourdissant. La nomination d’Anthony Scaramucci, golden boy de 53 ans venu de Wall Street, entraînant la démission de Sean Spicer, porte-parole gaffeur depuis six mois. "Donald Trump ne voulait pas que je parte mais j’ai simplement pensé que c’était dans le meilleur intérêt de notre service de communication et de presse de ne pas avoir trop de cuisiniers dans la cuisine", a-t-il expliqué sur Fox News.

Jamais trop à l’aise lors des brieffings, moqué par les late shows - dont le Saturday Night Live - à la télévision américaine, le départ de Sean Spicer "secoue une administration déjà abasourdie par les deux semaines les plus éprouvantes de la présidence Trump", souligne le New York Times, entre l’échec du plan santé du président devant le Sénat la semaine dernière et les auditions prochaines devant le Congrès de Donald Trump Jr et Jared Kushner concernant leurs liens supposés avec la Russie.

En vidéo

La parodie de Donald Trump au SNL

Scaramucci a défendu Trump becs et ongles sur les plateaux tv

L’arrivée d’Anthony Scaramucci vient elle "établir un nouveau centre de pouvoir au cœur d’un bâtiment déjà marqué par la rivalité". En faisant entrer le financier new-yorkais à la Maison-Blanche, Donald Trump s’entoure d’un homme de confiance - ex de Goldman Sachs et dépourvu d'expérience politique - qui ne tarit pas d’éloges sur lui et l’a défendu becs et ongles à la télévision. Une attitude pro-Trump inconditionnelle qui ne pouvait que séduire le président américain. "En toute impartialité, Anthony Scaramucci voulait me soutenir en premier, avant même que les primaires républicaines ne commencent, mais il ne pensait pas que j’étais candidat", s’est-t-il enorgueilli sur Twitter ce samedi.

"Il sera parfaitement à sa place. C’est à peu près la même chose pour un président qui préfère les amis et la famille à la menace pour son égo qui pourrait venir de personnes nommées ayant de l’expérience pour diriger un gouvernement fédéral et la force de dire à Trump quand il a tort", analyse Dana Milbank dans le Washington Post.  Une tambouille interne qui n'agite que le monde politico-médiatique ? Oui, affirme le politilogue Larry Sabato. "Rappelons-nous que la plupart des électeurs se fichent de savoir qui est porte-parole. Ce qui compte, c'est la politique du président", estime-t-il auprès de l’AFP. N'empêche que cette politique est de plus en plus questionnée par les Américains. Selon un sondage publié la semaine dernière, plus de 58% la désapprouvent.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Donald Trump

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter