Hajj : ce qu’il faut savoir sur le pèlerinage musulman

Hajj : ce qu’il faut savoir sur le pèlerinage musulman

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RELIGION - Plus grand pèlerinage musulman, le hajj (ou hadj) débute ce dimanche à La Mecque en Arabie saoudite. Comment se déroule cet événement majeur de l'Islam ? Que représente-t-il ? LCI fait le point.

Deux millions de personnes sont attendues à La Mecque,à partir de ce dimanche 19 août. Le hajj, plus grand pèlerinage musulman, l'un des cinq piliers de l'Islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens, débute ce mercredi à La Mecque en Arabie saoudite.  


Que représente cet événement pour les musulmans ? Comment se déroule-t-il ? Comment le pays accueille-t-il les pèlerins ? LCI fait le point.

Des origines antérieures à Mahomet

Le pèlerinage s'inspire d'une tradition antérieure à l'Islam, qui remonte à Abraham, patriarche biblique vénéré par les musulmans comme par les juifs et les chrétiens. La Kaaba, grande construction cubique au sein de la Masjid al-Harâm ("la Mosquée sacrée"), abritait alors des centaines d'idoles anté-islamiques, détruites en 630 – l’an 9 du calendrier musulman – par Mahomet lors de son retour triomphal à La Mecque.

   

Le hajj se tient une fois par an au début du mois lunaire musulman dhou al-hajja.

Un déroulement (très) codifié

Moment fondamental dans la vie spirituelle des musulmans, le pèlerinage comporte plusieurs étapes codifiées (à retrouver en détail dans ce document du CRCM Rhône-Alpes). Des étapes qui mèneront les fidèles sur les traces de Mahomet. 


Tout commence à la Kaaba, dont ils effectuent sept fois le tour, et aux abords de la Grande mosquée, puis à la vallée de Mina pour y passer la nuit, au Mont d’Arafat pour une journée consacrée à la prière, à la plaine de Mouzdalifa pour se préparer à l'Aïd al-Adha - qui consiste à immoler une bête en mémoire d'Abraham -, avant de se consacrer à la lapidation des stèles représentant Satan à Mina. Le pèlerinage se termine par de nouvelles circonvolutions autour de la Kaaba


La visite à Médine, lieu du mausolée du prophète Mahomet, facultative, peut s'effectuer avant ou après le hajj.

Un encadrement considérable

Un an après la bousculade ayant fait quelque 2300 morts lors du pèlerinage, en 2015, Ryad a commencé à équiper les pèlerins de La Mecque d'un bracelet d'identification. Une mesure encore loin d'être systématique mais qui rassure certains. 


Ces bracelets de papier plastifié et comportant un code-barres lisible par smartphone fournissent l'identité, la nationalité, le lieu d'hébergement du pèlerin, le contact des responsables du groupe auquel il appartient, ainsi que toutes les informations enregistrées lors de l'attribution de son visa. Certains sont cependant fournis par des agences de voyage et ne comportent pas les informations enregistrées par les bracelets du ministère du hajj. Cette année, les autorités saoudiennes ont mobilisé d'importants moyens, dont 100.000 membres des forces de sécurité, et se sont dites prêtes à parer à toute éventualité 

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Des retombées économiques majeures

Si le hajj est pour les musulmans d'abord une aventure spirituelle, un retour sur les lieux même où Mahomet a accompli les rites demeurés inchangés, c'est aussi une industrie que l'Arabie saoudite souhaite développer encore plus, notamment pour se ménager une alternative à la rente des hydrocarbures qui représente près de 50% du PIB du pays. Le pactole est en effet considérable : les retombées économiques du hajj, auxquel participent pas moins d'1,4 million de musulmans étrangers, étaient estimées à quelque 40 milliards d’euros en 2015, selon une études de la Chambre de commerce de La Mecque.


A noter que, cette année, la crise du Golfe a empêché le voyage à La Mecque de nombreux pèlerins du Qatar. Ce dernier a accusé son grand voisin, l'Arabie saoudite, d'avoir "politisé" cet événement religieux sans vraiment encourager ses citoyens à y participer. Le gouvernement qatari n'a publié aucun chiffre, mais la Commission nationale des droits de l'Homme du Qatar, liée au pouvoir, a estimé que seulement "60 à 70" pèlerins du petit émirat avaient réussi à se rendre en Arabie saoudite la semaine dernière.


Outre le hajj, le petit pèlerinage – omra – peut aussi être accompli tout au long de l'année. Ces millions de musulmans venus du monde entier représentent donc une manne financière colossale. L'Arabie saoudite, qui espère accueillir 20 millions de visiteurs annuels d'ici à 2020, pourrait alors engranger quelques 80 milliards d'euros de revenus. 

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